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CARLA
GAVIOLI
MAGGY DE COSTER
MICHEL BÉNARD
CHRISTIAN LEBON
JEANNINE DION-GUÉRIN
CLAIRE DEMOLIN
GIANFRANCO STROPPINI
FRANCK DE BEAUCÉ
ÉLIANE DEMAZET
ROME DEGUERGUE
MARYLÈNE MECKLER
2008
:
ISABELLE VERET
JACQUES
BOUSQUET
JEAN-LOUIS DOHR
HANS VLEUGEL
2009:
MARIE
PAULE
F. DUCENE-LASVIGNE
MIREILLE
PEREZ
ALAIN DEHEURLES

Les après-midi de l'Écritoire
Vital Heurtebize
Maggy de Coster
Monique Poulard
Michel Bénard
Mireille Pérez et Alain Deheurles,
de l’onirisme à l’imaginaire de la matière.
Aujourd’hui encore la Société des Poètes Français est très heureuse d’accueillir en son espace Mompezat deux artistes talentueux, un peintre en la personne de Mireille Pérez et un sculpteur Alain Deheurles, ainsi nous demeurons fidèles à notre principe de tenter de mettre en complémentarité deux arts différents qui se conjuguent, qui dialoguent comme ici, l’un avec sa part de rêve, l’autre puissamment rattaché à la matière.
Mireille Perez :
En ce qui concerne l’œuvre peint de Mireille Pérez nous sommes transportés dans un monde onirique, une délicieuse ivresse.Mireille nous vient sur Sud, mais vit et travaille en Champagne dans la région troyenne.
Cette artiste est souvent présente dans le monde artistique de sa région et nous connaissons fort bien son travail. Issue de monde de l’enseignement en tant que professeur d’art plastique, Mireille peut désormais se consacrer totalement à sa création. A titre personnel j’ai grand plaisir à voyager visuellement dans le monde de notre artiste peintre, d’amblée nous sommes plongés dans un contexte subtil, délicat où pourtant les valeurs chromatiques résonnent parfois fortement, mais sans jamais se mettre en dissonance.
Au travers de ses ambiances nous pénétrons dans son royaume poétique, son petit jardin d’enfance serai-je tenté de dire.
Mais c’est absolument formidable, car un artiste se doit justement de préserver cet étonnement de tous les jours, cette innocence presque naïve dans le geste de la création.
Il est préférable cependant de nous laisser envelopper par les femmes fleurs, par les oiseaux aquatiques, la magie de l’instant.
Nous côtoyons ici les rêveries en bleu, la douce complicité avec l’oiseau, la délicatesse au féminin que fleurent bon les orientales et les ivresses mauresques.La pratique de Mireille est également très intéressante car toutes les subtilités de la technique mixte donnent aux œuvres de beaux effets de matière qui parfois touchent presque à la préciosité, aux reflets de pierreries ou de vitraux.
Avant de vous laisser vous-même vous imprégner de ce monde dédoublé, je vous invite à voir dans sa boule de cristal les femmes fleurs, les fleurs papillons, les papillons toisons, et les chevelures arc en ciel.
A poursuivre le vol d’un oiseau sur le sommeil d’une muse qui dévide un poème sur la légende d’un monde en création.
Alain Deheurles :
Quittons momentanément les transparences colorées et informelles de Mireille Pérez pour retrouver un monde beaucoup plus tangible, bien plus terrestre, un monde plus solide, bien ancré dans les forces telluriques, totalement issu du mystère de la matière, mais qui paradoxalement sait aussi de hisser vers le rêve et l’imaginaire.
Observons maintenant les sculptures travaillées jusqu’à leur aboutissement d’Alain Deheurles.
Pénétrons progressivement ce monde ténébreux, tourmenté composé d’ombres, de feu et de lumière, ce royaume de Vulcain qui un véritable creuset bouillonnant de la création.
Par culture personnelle et affinité de corporation, je suis très sensible au travail et aux œuvres d’Alain Deheurles, car nous sommes ici très précisément à la croisée de l’artisan et de l’artiste. Ce qui veut dire qu’il faut absolument être déjà en possession d’un authentique savoir faire, de détenir un véritable métier en maitrisant la notion de la perfection et du beau. Ici je retrouve l’esprit du compagnonnage qui m’est cher de part mes racines bien rattachées au monde des artisans. Car il est nécessaire de savoir qu’avant de pouvoir prétendre réaliser de telles sculptures métalliques il est indispensable d’avoir franchi tous les degrés d’initiation aux métiers de forgeron, de métallier, de soudeur etc, afin de maîtriser la matière, de dominer l’acier, d’orienter sa création et de lui insuffler la forme qui lui donnera la vie.
A cet instant précis j’imagine bien le sculpteur-métallier seul dans son atelier en train de rêver à ses sculptures qui s’élèvent vers le ciel et conversent avec les dieux en les défiant.
Mon plaisir est grand de caresser cette image de l’artiste-artisan qui accomplit son œuvre, certains grands maîtres et initiés iront jusqu’au Grand Œuvre.
Le célèbre sculpteur roumain Brancusi disait :
« Quand on est dans la sphère du beau, on n’a pas besoin d’explication. »
En effet il suffit de se laisser transporter, de savoir cueillir les éclats de lumière sur l’acier, de glisser doucement le long des perles de soudure, de prendre conscience qu’une sculpture est un rêve que l’on peut effleurer du bout des doigts.
Pour vous tout simplement je terminerai par quelques vers en hommage au sculpteur :
Déployées, les ailes en métal
S’ouvrent sur les promesses du ciel,
Effleurent les sphères célestes
Se font porteuses de liberté.
Le sculpteur va jusqu’à l’œuvre capitale
Jusqu’aux portes de l’enfer,
Et donne naissance
A une nouvelle légende.
Michel Bénard
lauréat de l'Académie française
Muriel Vanbauce et Philippe
Carrère :
Aujourd’hui c’est un grand plaisir pour nous d’accueillir en notre espace Mompezat deux artistes qui nous
viennent du Nord,
et cette rencontre est parfaitement harmonieuse et complémentaire dans sa dimension créative et symbolique.
Deux techniques différentes, deux modes d’expressions variés, mais l’ensemble relié par une sorte d’écho en jumelage convergent.
Ainsi avant de poursuivre autour de nos artistes, il me parait judicieux de souligner l’intention majeure de cette rencontre dont le fil d’Ariane est de renouer pour quelques instants avec la tradition des grandes heures de Saint Germain des Prés, en réunissant à la fois les arts graphiques, la sculpture et la musique que nous allons découvrir pour notre plus grande joie avec le saxophoniste Greg Reinhardt.
Mais dans l’immédiat concentrons-nous autour de nos artistes.
Muriel Vanbauce : L’alchimisation.
Le travail de Muriel Vanbauce retient d’amblée notre attention car nous y retrouvons sur un même plan le savoir faire, le gout du beau métier de l’artisan conjugués à l’acte créateur de l’artiste sculpteur.
L’art de Muriel est millénaire, les plus lointaines et les plus hautes civilisations l’ont pratiqué, comme particulièrement les cultures extrêmes orientales, Chine, Japon, Corée, et l’ont porté au sommet de la perfection et de l’exigence.Nous sommes ici avec Muriel Vanbauce dans cette mouvance, avec tous les méandres et cheminements techniques que cet art impose !
L’art de la sculpture et de la céramique impliquent une véritable discipline, la maitrise du métier au sens où le compagnonnage le définit.
Le plus souvent l’évolution de la réalisation de l’œuvre demeure toujours incertaine et inconnue, aucune permanence, aucune répétition, les œuvres une fois modelées sont soumises aux jeux aléatoires du feu, aux variations de cuisson, aux réactions des pigments, des chromes, des oxydes, des différentes transformations de la matière.
L’artiste est confronté à une sorte d’alchimie, de mystère révélateur. Je m’imagine bien Muriel Vanbauce devant son « athanor » dans l’attente de la transmutation des ses œuvres. Mais cette notion de transmutation s’imprègne en fait dans les œuvres de Muriel Vanbauce, car nous y côtoyons des colorations spirituelles, des vibrations universelles, des senteurs en gestation qui s’ouvrent sur le monde. Pour elle : « Tout est un, Un est tout ».
Il nous suffit simplement de nous attarder sur ses matrices natales, sur ses ovulations à la fois charnelles et spirituelles donnant naissance à l’enfant, mais également à la sagesse. Tout vibre par effets de transparence, tout se met en écho, nous sommes transporté par les notes de flutes, par les psalmodies du moine, les mantras du philosophe oriental, la contemplation d’une femme enveloppée dans les étoffes du ciel et qui pourrait bien nous rappeler les pleurants de Bourgogne.
Muriel Vanbauce nous offre un merveilleux geste d’amour par certains de ses sujets unis par une magistrale étreinte, qui enfante des parcelles de beauté.
Je vous invite à prendre le temps d’admirer les œuvres de cette artiste, car au-delà du métier au-delà du geste créateur, elle puise dans la terre des fragments de sagesse qui sommeillent encore au creux des lèvres vaginales de la matière et qui attendent l’instant de la délivrance pour nous conduire jusqu’à l’ivresse des passions encloses et transcendées par le talent de Muriel Vanbauce. Son œuvre comme ses livres de céramique portent de fragrances de connaissance.
Philippe Carrère : La symbolisation.
Portons maintenant notre regard sur l’ouvre peint de Philippe Carrère qui est en parfaite résonnance avec les sculptures de Muriel Vanbauce, elle s’en fait l’écho graphique en filigrane. La thématique est similaire, mais le coté onirique y est peut-être plus souligné. La technique est délicate, subtile, la composition en aplat est équilibrée par un rythme parcellaire, une mise en situation de chaque élément, allant jusqu’à donner son sens initial au sujet.
C’est presque, au risque de vous faire sourire, un travail de dentelières, il est vrai que Bruges n’est pas très loin du Nord de la France. Les images se superposent, se reflètent, s’imbriquent l’une dans l’autre et se laissent peu à peu investirent par l’imaginaire symboliste de Philippe Carrère.A la matière notre peintre répond par l’antimatière, la ligne et la forme sont suggérées, la révélation vient de l’intérieur, c’est au passage de ce point que se rejoignent nos deux amis et artistes, car ils vibrent sur une fréquence identique, contemplative et avec la même nécessité spirituelle.
A bien y réfléchir Philippe Carrère est peut être poète avant d’être un peintre et c’est par son métier de graphiste et d’aérographiste qu’il nous donne l’accès à son espace poétique.
Profitons alors de ses images diaphanes pour l’accompagner dans son univers. Ouvrons les portes de ses songes, envolons nous avec ses colombes vers Venise, mêlons nous aux jeux des ombres et reflets sur le grand canal, au carnaval aves ses masques énigmatiques et ses fards du dérisoire.
Philippe Carrère est fidèle inconsciemment peut être, à la tradition des artistes du Nord, de Wallonie, des Flandres, à cette prédilection pour le monde visionnaire, paranormal, surréel voire surréaliste si nous nous référons à son hommage à Magritte qui nous le confirme.
Néanmoins, par de la le rêve de l’évasion poétique, Philippe demeure un graphiste qui développe une ligne sobre, un rythme en miroir, un équilibre des volumes,Des plans très sobrement colorés où tout est en tons rompus, en demi-valeurs. Ce peintre joue avec un chromatisme silencieux comme un crachin des Flandres.
Pour conclure sur le cheminement pictural de Philippe Carrère, je dirais que son œuvre résonne le temps d’une note bleue et noire pour déployer le gris de son énigme en filigrane et en nuances fragmentées.
Michel Bénard
critique d'art
Bernard Bourges & Pierre Juvigny.
Avant tout préambule, merci à Bernard Bourges & à Pierre Juvigny de venir honorer par leurs présences & leurs travaux tout en modernité les cimaises de la Société des Poètes français. Ici en cet espace Mompezat, il peut toujours nous être reprochés beaucoup de choses, mais en aucun cas le fait de vivre en autarcie, de manquer d’ouverture aux lettres puisque le Slam et aussi intégré dans nos activités, moins encore à notre regard porté sur les artistes du monde car toutes les expressions, toutes les origines ethniques et culturelles ont déjà été présentées ici, des artistes des cinq continents ont exposé leurs œuvres depuis plus de 10 ans. Quant à notre regard sur l’art l’éventail a été largement ouvert, l’éclectisme étant notre principe. Ainsi aujourd’hui nous avons deux artistes plasticiens et concepteurs qui se répondent parfaitement.
Bernard Bourges :
En premier lieu j’aimerais vous proposer une brève approche du peintre plasticien Bernard Bourges. Son travail se situe au cœur de l’esthétisme, il va à l’essentiel, il épure, donne à ses œuvres une densité entre une forme minimaliste et son rehaut apporté par le choix des matériaux les plus hétéroclites. Bernard Bourges trouve sa place parfaitement dans le monde du design. Il ose incorporer dans ses œuvres le métal usé, rongé, patiné par le temps, le bois d’eau ou vermoulu symbole de longévité du cèdre ou de l’olivier. Il n’hésite pas à utiliser tous les apports comme le verre, le plexiglas, les billes, les galets, divers amalgames ou même des compressions. Les moyens utilisés sont parfois surprenant pour certains d’entre nous, mai ils sont très significatifs de la démarche de Bernard Bourges. Ces matériaux donnent aux œuvres une valeur pérennisante, tout se transforme, tout se métamorphose. Rien ne se perd ne se crée, tout est là depuis l’origine, seul se modifie l’expression de l’instant ou l’interprétation qui peut de décliner à l’infini. Tout comme les sept couleurs du prisme solaire ou les sept notes de la gamme. Chez Bernard Bourges, tout est ramené à son essence initiale. L’interrogation se présente dans chacune des œuvres où apparemment du rien, peut naître le tout. Sur un fond presque monochrome, un élément métallique saupoudré de quelques fragments de verre peut nous conduire vers les origines, à l’apparition fragmentaire de l’homme, à l’univers en gestation ou allant vers sa disparition. Une simple bille peut remettre en question le hasard ou plus précisément le principe des convergences. Une racine pénètre soudain le verbe. Relation entre le feu, le minéral et le végétal. Nous sommes ici dans une sorte de métaphore plastique qui nous ouvre les portes D’un voyage intemporel vers les nuits blanches, la mémoire des étoiles, qui s’arriment au mythe de Pygmalion, aux délires ou rêveries opiomanes, aux incertitudes déistes. Oui dans cet univers, Bernard Bourges nous tend une clé du possible, à vous d’ouvrir sa boites aux errances plsticiennes.
Pierre Juvigny :
Ce jeune concepteur, Pierre Juvigny est par sa profession architecte d’intérieur, ce qui explique assez facilement l’extension de son œuvre vers le design et la présentation de cette exposition sous le nom de « Nuage » en mémoire d’une collection de Christian Dior. Pierre Juvigny nous présente des sculptures dites utilitaires qui peuvent se convertir des ensembles mobiliers et décoratifs où se conjuguent esthétique et fonction pratique. Pierre Juvigny a également abordé l’art graphique, la peinture abstraite qu’il aimait traiter en larges aplats, en surfaces accueillantes que nous pourrions rapprocher de la démarche d’artistes tels que Rothko ou Debré. Tout n’est que succession d’influences, ainsi le regard de Pierre Juvigny peut partir du monde de la mode, de la forme des robes et effets de haute couture où il perçoit un possible rappel à la ligne qui drape la féminité et la ligne reformulée qui nourrit notre quotidien. Son cheminement évolutif se fait à partir de l’élaboration d’un schéma conducteur qui fixe l’idée, un peu à la manière d’un poète qui griffonne quelques lignes sur son carnet ou le peintre qui ébauche quelques lignes sur sa feuille et qui seront développées ultérieurement. Le projet est ensuite soumis à un artisan métallier qui dégrossit et améliore le concept et érige l’œuvre progressivement au tour numérique pour achever l’œuvre en manuel selon les règles de l’art.
Lorsque Pierre Juvigny utilise la couleur rouge c’est pour interpeler, pour attirer la lumière. Lorsque qu’il se tourne vers le blanc c’est pour se rapprocher d’ambiances pacifiées qui restituent une vibration spirituelle. Il tente toujours de relier le concept artistique à l’acte artisanal et décoratif. Ainsi nous évoluons au travers des déclinaisons, une ligne, un volume appelle une table, un tabouret, un luminaire, jusqu’à trouver un ensemble harmonique et un rythme esthétique.
Pierre Juvigny travaille dans un principe dit de « déstructuration » et il ne cesse de se reposer la
question du lien par rapport aux nouvelles formes contemporaines possible. Souvent Pierre Juvigny pratique cette démarche de se relier aux œuvres antiques, aux artisans d’antan, aux
compagnons. Depuis l’origine tout est déjà créé, il faut simplement savoir revisiter les choses et prendre le temps. Tel est le crédo de Pierre
Juvigny.
Conclusion, c’est sur ce point que finalement se rejoignent Bernard Bourges & Pierre Juvigny.
Michel Bénard.
Janvier 16 au 30-01-2010
Damien Granelle sculpteur "
peintre ANNE-CATHERINE CHARBONNIER.
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Février 06 au 20-02-2010
Redoules
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Février 27 au 13. 03.2010 *
nadine Amiel
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Mars 20-03 au 04.04.2010
Gabriel Boghossian
reserve..........Gérard,
Sauret
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Avril du 10 au 25.04.2010
Muriel STALAVEN
peinture
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Mai du 15 au 30 -05.2010
Marie Haude & Malhya
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Juin de 05 au 20 06 2010
Agnés Guewen peintre
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juin/juillet du 26 06 2010 au 11 07.2010.
Anna Ingham peintre ?
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Septembre 04 au 19.09.2010.
Diane Saint Honore
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Septembre /octobre 25.09 au 09.10.2010 RESERVE MGB
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Octobre 16.10 au 30.10.2010 RESERVE MGB
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oct/novembre 06.11 au 20.11.20010
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Samedi
19 septembre à 15 h :
« Michaële Lafontant,une poétesse haïtienne :
du soleil de l’amour évangélique
à l’éclat de l’hédonisme terrestre
»
par Anne Marty, Professeure de Lettres à L’Université de Créteil
Si j’ai intitulé ma causerie ainsi :
« Michaëlle Lafontant, une poétesse haïtienne : du soleil de l’amour évangélique à l’éclat de l’hédonisme terrestre » ;
c’est pour mettre en valeur une des significations du symbole de la lumière si dominant dans son œuvre. La création poétique de notre écrivaine s’organise à mon sens autour de trois idées-forces qui vont articuler mon propos : une poésie conte de fée, « une sacralisation » de l’érotisme amoureux et la nécessaire formulation d’une éthique du bonheur.
Tout d’abord, un grand nombre de poèmes sont marqués par la présence de personnages mythologiques appartenant à diverses religions. C’est la mythologie gréco-romaine qui l’emporte pour représenter l’être aimé avec des qualités hors du commun. Dans Chimère (p.57, Chants…), la poétesse s’adresse ainsi à son amoureux :
« Prométhée d’une ère nouvelle
Quand m’apporteras-tu
Le feu sacré dont je languis ? »
Ce personnage, particulièrement intelligent, savant et inventeur, est considéré dans la mythologie grecque comme le sauveur de l’humanité. Rivalisant même avec Zeus le dieu des dieux, il a empêché ce dernier de détruire la gent humaine. Et quand Michaëlle Lafontant interpelle de la sorte l’amoureux dans Il me souvient (p. 118, Désert étoilé) :
« Je serai ta vigile
tu seras mon Orphée
Phébus dans sa gloire
Sourira du bonheur
De nous avoir unis. »
elle attribue à l’homme aimé les qualités d’Orphée ; celui-ci, fils ou élève de Phébus Apollon dieu du Soleil et de la divination, est le musicien-poète par excellence. Personnage de lumière, immense est son pouvoir de charmer les créatures. Symbole de la fidélité masculine, il est réputé pour avoir exprimé de manière indéfectible un amour romantique envers Eurydice. Quant à Hercule, un demi-dieu romain, aventurier et particulièrement courageux, il va représenter la puissance de l’amour.
Dès le départ, la poésie de Michaëlle Lafontant proclame l’engagement dans l’amour. Il s’agit tout d’abord de l’amour divin puisé dans la doctrine catholique. Il apparaît comme un amour bicéphale, dichotomique qui distingue le bonheur, la liberté, la pureté d’un côté, situé en haut dans le ciel près de Dieu et des Archanges ; de l’autre, situé sur terre, en bas, se trouve le malheur, le sacrifice de l’autre. Dans Je cherche, elle voudrait « déchirer » « cette enveloppe de chair » qui limite ses aspirations d’infini. Mais ailleurs, elle reconnaît qu’ « Au bas du chemin/où tout est vilain/pour arriver loin,/ il suffit d’aimer ». Elle entérine l’engagement caritatif exigé dans le message du Christ : « cueillons une gerbe d’âmes à notre Rédempteur », précise-t-elle dans A vous mes sœurs.
Cette poésie, marquée au début par un certain angélisme teinté de puritanisme, va évoluer vers un sens de l’amour qui va prendre en compte l’expression corporelle et les émois de la chair. Comment s’effectue cette prise en compte du corps ? Tout d’abord, l’élan amoureux et le désir sont chantés par contraste avec le désert glacial de la solitude et la froideur du grand Nord. Le plus souvent la solitude, c’est l’attente d’une réponse qui ne vient pas, c’est le silence cruel de l’amoureux : « Il n’est de ciel que ton sourire/ Il n’est d’enfer que ton silence. », résume-t-elle en utilisant les catégories religieuses du haut et du bas. Souvent, l’absence de l’être aimé est le résultat d’une déception, d’une désillusion ; dans ce cas, elle va se réfugier dans « le royaume des étoiles, ses racines interstellaires, sa terre promise ». C’est dans Ma citadelle qu’elle définit ce lieu intime de rêve, ce lieu primal, fait de « dédales lumineux » et « d’apothéoses d’avenir », réservoir d’instinct vital qui lui permet de retrouver les forces perdues après les épreuves du réel.
III Une éthique du bonheur qui se nourrit des multiples ressources de l’imagination
En effet, il y a eu d’abord au cours de la première période l’ordre judéo-chrétien. L’étoile et le monde interstellaire du Dieu catholique avec ses Archanges représentaient des valeurs de liberté et de pureté : ils s’opposaient au monde du bas, terre prison avec son cortège de violences et de malheurs, ou chair briseuse d’élan. Quant à l’univers du haut, il était ressenti par l’individualité meurtrie par la vie comme un refuge et un lieu de régénérescence, probablement parce qu’il était lié au premier foyer d’amour familial.
Autre démarche qui témoigne de sa volonté d’inscrire l’acte créateur dans une mission civilisatrice et donc une éthique : c’est la production de poèmes sous forme d’adages. « Le Bonheur/c’est s’installer/dans la splendeur de l’instant/et conjurer/toute incursion parasitaire du passé/toute hantise de l’avenir… » (Chants…p.95) ou bien « Faire de la jouissance/de l’ivresse constructive/des constantes/de notre existence. » ou encore « Tout bonheur est sacré/même s’il est illusoire. »
Anne MARTY
Samedi
10 octobre à 15 h :
Eduardo Galhos présente son recueil de poète :
"L’Homme assis, Editions Poiétês"
reportée au samedi 19 décembre 2009 à 15 h.
Samedi
7 novembre à 15 h :
« Poésie de voyages :
partir-revenir ou les écritures
vagabondes
par Thanh-Vân Ton That, Professeure de Lettres Université de Pau
En 1997 j'ai pris l’avion pour découvrir ce "pays d'avant", celui de mes parents, de mes ancêtres. Mes parents, séparément, mon père venu du nord et ma mère du sud avaient pris le billet aller il y a plus d'un demi-siècle et
moi,le retour improbable. Des montagnes vertes, des rizières à travers le hublot et cette chaleur humide et chaude, les bruits de la ville et de la vie qui enveloppent ceux qui viennent à peine d'arriver. Du nord au sud, des montagnes embrumées près de la frontière chinoise jusqu'au delta du Mékong et à la frontière avec le Cambodge, j'ai parcouru ce pays qui était mien ou du moins qui le devenait peu à peu, au fil des kilomètres, en minibus sur les routes encombrées et poussiéreuses ou dans les trains bondés. Au centre, le Fleuve des Parfums coule paresseusement le long des palais et des tombeaux des empereurs défunts et semble diviser ce pays jadis déchiré dont je ne voyais que des images de guerre à la télévision, au milieu des cris et des hurlements des bombes, quand j'étais enfant, à l'abri et loin de tous les ravages. A chaque retour (mais d'où sui-je vraiment partie?), j'ai réappris la langue aux accents et aux vocables divers, j'ai redécouvert les bruits, les odeurs, j'ai récupéré les souvenirs familiaux égrenés au coin des rues dans les villes métamorphosées, entre deux chansons. J'ai écrit très vite, sur place ou à Paris les impressions, noté les images avec des rythmes et des sons dans la tête, comme un carnet de voyage poétique, dans la discontinuité des lieux, des moments et des humeurs. J'ai capté l'instant, les sensations, les sentiments dans les bulles des mots, autour de quelques noms-paysages, faits de lacs, de rizières, de montagnes, de vagues tièdes et de routes entrecroisées : Hanoi, Saigon, Huê, Sadec, Dalat. Voici en vrac la mémoire éparpillée de mes voyages...
*
Huit ans après, j'ai voulu parler d'une ville que j'ai visitée pour la première fois, le livre de Paul Morand à la main, la tête pleine des romans de Paul Auster et des films de Woody Allen, à la mi-août 2001. J'aimerais ressusciter un lieu pour oublier une date.
Sur le pont de Brooklyn
Immense trait d’union
Câbles d’acier
Toile aérienne
Ferraille étincelante
Bruits et soleil
Vie qui gronde
[...]
Ville de pierre
De fer
De briques
De verre
Sombre transparence d’été
Thanh-Vân Ton-That
Eduardo Galhos présente son recueil de poète :
"L’Homme assis, Editions Poiétês"
Rendez-vous des lecteurs 2009-2010 :
Conférences et débats proposés et animés par Maggy De Coster à la Société des Poètes Français
16 rue Monsieur Le Prince 75006 Paris, M° Odéon
*
Samedi 7 novembre 2009 à 15h
: « Poésie de voyages : partir-revenir ou les écritures vagabondes
par Thanh-Vân Ton That, Professeure de Lettres à l’Université de Pau
*
Samedi 19 décembre 2009 à 15 h : Eduardo Galhos présente son recueil de poète : « L’Homme assis, Editions Poiétês
*
Samedi 9 janvier 2010 : « Histoires de Boulots » par Serge Dinerstein
*
Samedi 13 fevrier 2010 à 15h : « Sappho dans quelques oeuvres de Dany Laferrière et René Depestre » par Eric Sauray, Docteur en droit écrivain
*
Samedi 28 mars 2010 à 15h : « L’Historique des Haïkus » par Sylvain Josserand
*
Samedi 17 avril 2010 à 15 h
: «
« Vie douloureuse et réussite poétique de Charles Baudelaire»
par Madame Madeleine Lazard, professeure émérite à la Sorbonne.
*
Samedi 22 mai 2010 à 15h : « La Beat generation » par Jacqueline Starer
*
Samedi 12 juin 2010 à 15h : « L’apport des femmes haïtiennes dans la peinture, la musique et le théâtre » par Maggy De Coster
VITAL HEURTEBIZE
MONIQUE POULARD
Voici le programme du premier trimestre 2010
- 25 janvier : Pierre de La Galite (auteur-compositeur-interprète)
- 22 février : Serge Dinerstein
- 22 mars : Alain Pizerra
au 15 ter, rue de Vaugirard
Alfred de
Vigny
Marguerite
Yourcenar
Shakespeare