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FLORENCE DIGNE
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MICHEL BÉNARD
CHRISTIAN LEBON
GIANFRANCO STROPPINI
ÉLIANE DEMAZET
ROME DEGUERGUE
EXPOSITIONS d’ART a venir :
EXPOSITION PASSÉE :
du 02 septembre au 16 septembre :
Isabella Poulenard, peintre
et
Cyril Margouillat, sculpteur
visitez son site internet : www.cyril-margouillat.com
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Isabella Poulenard (peintre) & Cyril Margouillat (sculpteur)
Chers (es) amis(es), merci d’être venus si nombreux, c’est pour moi un grand plaisir d’ouvrir avec vous cette saison 2011-2012 grâce à deux artistes d’expression différentes et pourtant complémentaires, venant l’une Isabela Poulenard de Champagne, l’autre Cyril Margouillat de la région du Rhône, deux cépages également intéressants. Notons qu’avant cette exposition Isabela et Cyril ne se connaissaient pas, mais il est bon de constater au niveau des valeurs chromatiques, une certaine unité.
Merci donc à Isabella et à Cyril d’honorer les cimaises de notre espace Mompezat de leurs œuvres.
Isabela Poulenard (peintre) :
Dans un premier temps galanterie exige, je vais survoler pour vous le travail d’Isabela, qui comme vous pouvez le constater possède un remarquable coup de crayon. Personnellement je connais Isabela depuis quelques années pour avoir eu le plaisir d’exposer avec elle à diverses reprises. Cette artiste est une perfectionniste, elle travaille son graphisme à l’extrême, idem pour la composition de ses toiles, sans jamais alourdir le sujet. Il existe chez elle une grande sensibilité, ses œuvres dégagent des vibrations poétiques, les harmonies sont délicates et soignées. Eclectique dans l’exécution de ses œuvres, elle travaille sur papier froissé, papier granuleux, avec des éléments végétaux, des terres, voir ses céramiques et sur verre également où il vous sera possible de découvrir ses exécutions graphiques sur bouteilles de champagne. Elle sait jouer avec les éléments floraux qui pourraient presque devenir des cartons de maquettes pour tapisseries.Mais chez elle la féminité est dominante, entre un mystère presque mythologique et une sensualité troublante. Je ne saurais trop vous suggérer de prendre le temps de vous approcher de ses œuvres afin de mieux les détailler, pour y découvrir un monde harmonieux en forme de labyrinthes, de délicats drapés, de végétales luxuriances. Jamais vous ne trouverez chez Isabela de dissonances chromatiques, tout s’organise dans une harmonie fondue et délicatement ciselée. Isabela n’est jamais réellement satisfaite de son travail, sans cesse elle remet son ouvrage sur le métier, elle s’interroge sur l’orientation prochaine de ses réalisations. Elle innove de nouvelles techniques, recherche des nouveaux supports, de nouveaux coloris. Tout est prétexte à une remise en question !Bien que nous venant de Bulgarie, Isabela vit sur les terres de Champagne, ce qui peut expliquer son attachement aux éléments de la vigne et explique aussi pourquoi elle s’est lancée dans la décoration de bouteilles de ce vin pétillant et si féminin, le champagne !Il nous resterait beaucoup à dire sur le travail et le démarche volontaire d’Isabela qui n’en a pas fini de nous étonner, mais pour conclure je terminerai sur une œuvre en technique mixte de belle tenue, figurant une jolie femme parée de feuilles de vignes, pour vous confier :
« Que la femme qui se dévoile dans l’absolu
Laisse encore mieux scintiller
Dans ses yeux la lumière de l’amour ! »
Sans doute est-ce cette délicieuse touche d’amour créateur et imaginaire qu’Isabela dépose précieusement sur ses œuvres.
Cyril Margouillat (sculpteur) « Paléofuturus »
Maintenant, je me tournerai vers Cyril dont l’œuvre peut soulever quelques interrogations. Contrairement à ce que nous pourrions croire en regardant le travail abouti de ses sculptures, Cyril n’est pas un ancien dans le monde de la sculpture, ni des arts. Sa vocation fût presque tardive, il eut été regrettable qu’il ne la mette pas pratique, ses prédispositions et son talent sont révélateurs, le résultat surprenant. Cyril était dans une vie antérieure dans le monde industriel, mais il sentait qu’il n’était plus sur la bonne voie, enfin sur sa bonne voie !Il avait un impérieux besoin de se retrouver dans un nouvel espace, d’autres valeurs plus authentiques, des degrés aux dimensions plus humaines où il est possible de prendre le temps de faire un arrêt, de s’accorder un peu plus de recul et d’initiative, voire même de se redéfinir une identité, abattre les masques et enfin remettre à découvert son authentique visage ! Il me faut souligner que c’est un engagement courageux dans le contexte actuel, car pour pratiquer à temps plein son métier de sculpteur-designer, Cyril à tout quitté ! Ainsi l’appel de la sculpture fût son chant des sirènes, mais lui vient s’y ressourcer et non pas s’y perdre. Son besoin est vif de découvrir d’autres jalons, d’autres pierres angulaires, d’autres unités de mesure. Parmi ses amis, il y a un restaurateur d’éléments fossiles. Il le vît souvent travailler et cela fini par déclencher en Cyril cette nécessité de création alternant entre les racines d’un passé éloigné et une vision modernisée, voire futuriste, notre ami ne viendrait-il pas de lancer à son insu un nouveau manifeste ? Celui du « Paléofuturus » ! Ainsi il s’engagea dans une élaboration en composite, d’une part la chaleur du bois, la rigueur de l’acier et la part de la poésie avec les éléments fossiles, que son ami lui procure du monde entier.
Dans son atelier Cyril érige des projets, recherche une esthétique possible et une harmonie entre la mémoire terrestre et une orientation très « design ». L’unité se veut presque parfaite et universelle puisque nous retrouvons le minéral, le végétal et l’animal pourtant en lui le nombre d’or, mariage difficile, mais pourtant réussi par notre jeune créateur. Ici aussi je vous suggère de prendre le temps de porter votre regard sur chaque œuvre car elles portent la patine du temps, mais sait révéler l’éclat de la modernité.Cyril parvient à faire chanter le passé, le présent et le futur ! Personnellement je sens à l’observation des créations présentes que l’œuvre de notre ami va évoluer vers encore plus de modernité et de dépouillement. A suivre donc et au prochain rendez-vous ! Avant de prendre congé, je me dois d’attirer votre attention sur le travail important lié à la restauration des fossiles, avant de les voir apparaître comme des objets précieux. Nous touchons ici un peu à l’esprit des tailleurs de gemmes et autres pierres précieuses, où tout doit être dépouillé soigneusement de sa gangue, afin de laisser surgir la beauté occultée par les stratifications de millions d’années. Véritable résurrection !
Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.
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vernissage le samedi 3 septembre à 17 heures
EXPOSITION PASSÉE :
du 08 au 21 octobre 2011 :
Claude Bardinet, peintre/calligraphe
+ signature de recueil SPF

Claude Bardinet, scribe d’incertitude et d’inconnu.
C’est avec beaucoup de plaisir que nous accueillons aujourd’hui aux cimaises de notre Espace Mompezat de la société des Poètes français, l’artiste Claude Bardinet, créateur assez singulier, excentré, mais certainement pas excentrique. Double plaisir d’ailleurs, car notre ami est un peu de la famille, en tant que peintre de l’informel, de l’indéfini, mais également comme poète de l’éphémère, de l’usure du temps en référence à son dernier recueil qu’il aura la joie de vous dédicacer tout à l’heure : « Puissante usure du temps » éditions les Poètes français. Cependant rapprochons nous du peintre ou calligraphe de l’incertitude, scribe du signe inconnu, car chez lui tout est lié, la peinture peut devenir une intraduisible page d’écriture cryptée et inversement le poème peut dépeindre l’absurde de notre société, de nos règles et conventions.
Oui, comme il le proclame : « ce joli spectacle est bien con. » Mais revenons un peu à l’acte de peindre de Claude Bardinet, qui demeure dans l’esprit de « l’action painting » où lyrisme gestuel où nous retrouvions des peintres américains tels que Pollock, De Kooning, Kline, Sam Francis, Rothko, Neumann, Hamilton, Motherwell…etc. Mouvement passionnant qui remit en cause bien des acquis et idées reçues sur l’importance de l’art, sa détermination, son rôle et sa mission.Le but étant de remettre tout en cause, tout en question ! Ainsi pour en expliquer la teneur Claude Bardinet use de ce geste pictural inconscient qui éveille la mémoire intérieure. Ce geste pictural n’est d’ailleurs pas sans nous évoquer l’art du « dripping » quelque peu nourrit de théories freudiennes, mais plus encore de l’importance de la symbolique du rêve chère à Jung.
Imprégné de cette mouvance, Claude Bardinet aborde une forme d’écriture spontanée, sorte de calligraphie informelle, porteuse des messages de l’âme qui prennent racines dans la nuit des temps en retournant aux sources de la réminiscence. L’œuvre ici repose sur une sorte de réflexion débridée, non contrôlée en forme d’exaltation ivre de liberté. Toutefois, au-delà de la liberté et du dérisoire l’œuvre de Claude Bardinet se présente sous un pensée plus profonde, plus aboutie où peut prendre racine tout le sens et l’équilibre de la vie. Peintre du signe instinctif, issu de la gestuelle, Claude Bardinet joue de la dérision, ne se prend surtout pas au sérieux, il va même jusqu’à jouer les iconoclastes, une façon comme une autre de se protéger des agressions ambiantes du quotidien, manière également de retrouver ses racines…. « …on n’est pas sérieux lorsqu’on à dix sept ans… » soulignait le voyant Arthur Rimbaud. Pas sérieux ? A voir ! Car bien au-delà des apparences, Claude Bardinet atteint des sphères qui peuvent nous surprendre. Il désire que son œuvre s’élabore comme sa vie, d’éléments simples comme le rappelait Rabindranath Tagore « O monde j’ai cueilli ta fleur ! » Simples mais également musicaux, et c’est cette recherche de rythme et de musicalité informels qui donne à l’œuvre toute sa sensibilité. Certaines harmonies enrichissent la vision, touchent à l’ésotérisme qui devient une révélation initiatique par la beauté voilée qui s’offre à nous. Claude Bardinet possède quelques bases reposant sur l’esprit des bâtisseurs de cathédrales où symbolisme et ésotérisme cohabitent dans une sorte de principe de la règle d’or qui s’impose à nous tout naturellement. Telles sont les lois naturelles et universelles des mathématiques et de la géométrie. Là est tout le mystère des grands livres des cathédrales et des piliers des temples. Ainsi peu importe le mode d’expression, peut-être retrouverons nous l’équilibre que nous croyons avoir perdu, par la passerelle les arts et la poésie. Simple invitation pour un éventuel retour aux sources et aux racines. Conscient de la teneur profonde de la vie, de l’absurdité de notre société, Claude Bardinet mesure tout à l’aulne du dérisoire ! Une manière de pratiquer son art pour ne pas sombrer dans le néant. De la même façon qu’il peint, Claude Bardinet joue de l’écriture automatique, autre possibilité de danser, de jongler avec les mots. La vie est en fait une folle sarabande, un tourbillon comme l’écriture hasardeuse de ses toiles, cette vie il la situe dans l’inclassable, le relatif, le non défini. Rien n’est figé tout est à recommencer. Claude Bardinet demeure volontairement dans une sorte de rêverie de l’enfance, ce jardin merveilleux, dans l’énigme d’un signe, d’une trace, d’un langage inconnu où rien ne serait dit, où tout serait encore permis. Tout reste donc à décrypter, à inventer ! Sur un damier de signes noirs et blancs, c’est un chant du dérisoire, une symphonie aux rythmes inachevés, c’est la partition d’un peintre-poète, c’est un prélude à l’harmonie des images de l’intérieur. « C’est l’empreinte des mots, paroles et signes du chaos… » Comme nous le confirme Claude Bardinet.Pour conclure et avant de vous laisser vous imprégnez des œuvres en cimaise, je serais tenté de situer notre artiste dans une forme de « constructivisme déstructuré. »
Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.
vernissage le samedi 08 octobre à 17 heures
EXPOSITION PASSÉE :
du 04 au 18 novembre 2011 :
Édith Cohen-Gewerc, peintre
(visitez son site : www.edithcg.com)
et
Claude Macquart, sculpteur
vernissage le samedi 5 novembre à partir de 17 heures 30
Chers(es) amis(es) bonsoir et bienvenue en notre espace Mompezat siège de la Société des Poètes Français. Merci d’être venus pour certains de bien loin pour découvrir les œuvres de nos deux artistes, dont les deux formes d’expressions sont en parfaite complémentarité.
Nous n’aurions pas fait mieux si nous l’avions prémédité. Toutes les deux s’expriment avec un regard humaniste. L’homme dans sa symbolique intégrale demeure au cœur de leurs œuvres. Et je tiens particulièrement à remercier ces deux créatrices d’honorer les cimaises de notre espace culturel. Merci donc à Edith Cohen-Gewerc qui nous vient en ligne directe de Tel-Aviv, ce qui force l’admiration, merci à Claude Macquart de nous rejoindre de ses terres champenoises. Bien que nos deux artistes, avant ce vernissage ne se connaissaient pas, elles ont encore un point commun, car je les ai découvertes toutes les deux au prestigieux salon de la Biennale Art Vivant à Châlons en Champagne.
Edith Cohen-Gewerc :
Pour commencer je ferai avec vous un petit survol de l’œuvre d’Edith Cohen-Gewerc. Comme le dit le vieil adage, j’ignore si les voyages forment la jeunesse, mais une chose est certaine Edith Cohen-Gewerc est de ceux à qui les déplacements ne font pas peur.
Native de Paris, c’est aujourd’hui grâce à cette exposition, un peu pour elle comme un retour aux racines. Sa jeunesse se déroula au Brésil, à Rio de Janeiro. Puis ce fût l’installation en Israël où elle réside et travaille actuellement. Alternant souvent entre Tel-Aviv et Paris, car Edith Cohen-Gewerc est présente dans diverses galeries parisiennes et de province. Elle a fait ses études à l’école des beaux arts de Rio de Janeiro et depuis toujours elle poursuit son chemin créatif avec constance. Son œuvre nous pénètre entièrement, elle se révèle être d’une grande sensibilité et surtout d’une profonde intériorité. Au-delà des techniques de peinture et de gravure qu’elle maîtrise avec brio au travers de belles compositions harmonieuses et de bonnes factures, l’œuvre d’Edith Cohen-Gewerc repose sur des fondamentaux humanistes et universels. Chez elle tout est dans l’élévation et la transparence. Ces thèmes sont suggestifs à chacun de nous de les interpréter selon notre degré de perception, de culture ou de réceptivité.
Edith Cohen-Gewerc se tient en marge des modes éphémères et superficielles, des courants insipides et officialisés d’un conceptuel sans exsangue et sans âme. Elle est bien loin aussi de la nouvelle réalité et des mouvances sordides, morbides ou autres peintres de l’angoisse et maux de société. Il ne faut voir chez elle qu’une forme poético-spirituelle. Un monde flottant entre deux eaux, une ambiance en suspension, un univers hors du temps qui laisse une large place à la réflexion, à la contemplation. C’est une peinture qui annonce l’homme se construisant en passant par la réalisation personnelle et le sacré. Si vous prenez un peu le temps de regarder les œuvres d’Edith Cohen-Gewerc, vous y trouverez principalement qu’une verticalité, donc une élévation vers un autre plan de perfection, de transcendance, c’est la position de l’homme debout dans son accomplissement et si vous faites une observation sur ses tableaux marqués du sceau de l’horizontalité, vous y découvrirez la spirale, cycle universel marqué par le même principe de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Le microcosme et le macrocosme obéissant aux mêmes lois. Les valeurs colorées et harmoniques d’Edith Cohen-Gewerc nous transportent dans un espace pacifié, un champ de méditation où tout le devenir de l’homme est régi par la même équation. Aspect intéressant dans l’œuvre mixte d’Edith Cohen-Gewerc, il n’est pas rare d’y rencontrer des fragments d’écritures, traces indélébiles de la pensée humaine, ferait-elle une relation avec les manuscrits de la mer Morte ou la pierre de Rosette ? Délicat de le définir, mais une chose est certaine ces fragments d’écriture sont en lien direct avec la mémoire de l’homme qui le conduit vers son évolution de conscience, une meilleure connaissance de soi, mais aussi une approche des principes universels. Chacune des œuvres d’Edith Cohen-Gewerc est une partition de vie. Nous y trouvons la colonne des âges, les pierres de l’élévation, les tables de la loi.
L’espace de création d’Edith Cohen-Gewerc est un lieu à échelle humaine dans lequel tout s’harmonise aux méandres cosmiques de l’univers et se présente à nous comme la première lueur du monde, jusqu’à peut-être toucher la grâce et les essences de la conscience.
Claude Macquart :
Portons l’attention de notre regard maintenant vers les œuvres sculptées de Claude Macquart, qui avec une autre technique associée à d’autres moyens, continent un langage en harmonie avec celui d’Edith Cohen-Gewerc, car là encore nous nous situons au de l’humain, de son rapport avec l’univers quelque soit l’ethnie. Claude Macquart possède déjà un long parcours de sculpteur-céramiste qui au-delà de la création personnalisant l’œuvre, est un métier à part entière où nous rejoignons un peu l’esprit des compagnons artisans avec cet amour du travail bien fait et porté à l’extrême de se qu’il peut porter de meilleur. Principe même de la notion de l’intelligence de la main. Claude Macquart fût initiée à son art de céramiste dans de nombreux ateliers, qui chacun à leur manière apportaient une pierre supplémentaire à l’édifice du savoir faire de notre amie. Elle eut la chance de rencontrer les maîtres céramistes qui lui firent la transmission de leurs connaissances et techniques différentes, comme la porcelaine, la céramique, le raku. Une rencontre qui fût déterminante, est celle que Claude fît avec le sculpteur Mano Dayak farouche défenseur des Touaregs. Cet élément déclencheur découla sur toute une série de sculptures en céramiques portant sur ce thème. Mais le raku prend aussi une place importante dans l’œuvre de Claude. Technique délicate, le raku nous vient du Japon au 16 ème siècle, alors qu’un potier qui avait laissé un peu plus longtemps ses terres au feu, provoqua un craquelé accidentel, qui devint après perfectionnement l’art du raku. La céramique est un art à part entière qui impose la possession d’un véritable métier et beaucoup de patience dans les différentes étapes, allant du modelage, à la cuisson, à l’émaillage, aux finitions des patines et nettoyages des pièces. Il y a un peu chez le céramiste une notion alchimique, qui passe des forges Vulcain pour faire un transfert dans l’atelier de Pygmalion.
Et si je pense aux techniques dites de la « fosse-cuisson » alors nous sommes au cœur de l’athanor, du feu, du cuivre, des pigments, des herbes, des algues et autres végétaux, le tout couvant dans un matelas de braises, d’un feu maîtrisé où les jeux des variations chimiques et thermiques provoquent un décor patiné à la cuisson des pièces. L’élément humain occupe une grande place dans l’œuvre de Claude, ce en quoi d’ailleurs elle se rapproche d’Edith Cohen-Gewerc, l’une par les effets transparents de la suggestion, l’autre par la force de la matière maîtrisée par la main de l’artiste-artisan. A ce titre j’en reviens à la très édifiante série des Touaregs, hommes de la tradition, hommes nomades, hommes des grands déserts, de la liberté, habillés du bleu de l’espérance. A sa manière Claude Macquart patine ses œuvres de mystère, de bigarrures, d’énigmes, son livre de terre s’ouvre sur un voyage vers l’Orient.
Ces mains détiennent ce miracle secret des potiers qui métamorphosent l’argile et où le feu grave la première note de la vie !
Mais pour accomplir honnêtement cet art millénaire, il faut porter en soit beaucoup d’amour et la planter dans la terre, d’où germera la beauté, si le cœur en est le jardinier.
Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.
EXPOSITION A VENIR :
du 03 au 16 décembre 2011 :
Hugues de la Taille, peintre
visitez son site : www.artactif.com/delataille
Peintre Hughes de la Taille.
Il est indéniable que le plaisir est grand pour nous de recevoir un artiste tel que, Hughes de la Taille qui éclaire par son talent les cimaises de notre espace Mompezat.
Belle preuve de notre volonté éclectique, nos expositions se suivent mais ne se ressemblent pas, car nous venons de passer d’une expression symboliste mystico-poétique à l’expression réaliste et témoin de son temps.
Hughes de la Taille, a toujours porté au fond de lui-même depuis sa plus tendre jeunesse l’amour de l’art, le sens du beau, de l’esthétique et surtout une forte prédisposition, base même du métier de peintre, pour le dessin.
Ce qui explique son intérêt pour Odilon Roche, un artiste des années 1920-1930, excellent graphiste et un regard ému autant qu’admiratif sur Gustave Caillebotte, grand maître du XIX siècle des scènes parisiennes et quotidiennes, sorte de prince de l’impression et de la lumière, mais également brillant architecte, humaniste et grand mécène qui ne ménagea pas ses efforts et ses soutiens pour un bon nombre d’artistes impressionnistes de son époque, qui lui doivent pour la majeure partie la concrétisation de leur notoriété artistique.
Voici pourquoi bien au-delà de l’artiste, c’est le coté humaniste qui a aussi séduit Hughes de la Taille. Nous trouvons également au sein de son petit panthéon, Pierre du Bellay, artiste breton, témoin de la réalité sociale des marins pêcheurs, ainsi que Carzou grand illustrateur des poètes, qui lui furent entre autres aussi des références.
Mais revenons au travail et au cheminement d’Hughes de la Taille, depuis son passage à l’école des beaux arts de Paris, où il travailla plus particulièrement le dessin que l’on retrouve tout au long de son parcours créatif. Le dessin est l’âme, la structure même d’une œuvre, nous pourrions même dire son squelette.
Chacune des œuvres d’Hughes de la Taille est une sorte de défit de composition, d’équilibre où rien n’est laissé au hasard, une promesse technique, car la matière anobli l’œuvre juste ce qu’il faut. Notre ami dose avec minutie l’ambiance de ses toiles avec de délicats effets de matière afin de mieux imposer et révéler le sujet traité.
Une chose est certaine Hughes de la Taille appartient à ces artistes respectueux du beau et du travail bien réalisé. En un mot du savoir faire !
Il possède un bon métier qu’il ne saurait trahir au détriment de la facilité.
Toutefois Hughes de la Taille va bien au-delà du premier regard sur l’image ou de la représentation.
Afin de mieux connaître et percevoir l’œuvre apparemment simple et classique de ce dernier, il s’avère nécessaire de porter notre attention au revers du visible.
En premier lieu dans cette orientation il est nécessaire de percevoir ses œuvres comme un long parcours interrogatif face à lui-même ! Sempiternelle question de la condition humaine !
Par des sujets simples, attachés au quotidien, Hughes de la Taille tente de nous délivrer un regard intérieur, une nécessité vitale, fruit de la longue marche solitaire des artistes.
Au cœur même de la foule, la vie peut-être un long chemin de solitude, une permanente contradiction.
L’homme est insaisissable, il avance souvent à contre sens de ce que l’on voudrait être la logique, il défie les lois de la société, se met en péril lui-même sous prétexte de souci de vie ! Quelle vie ?
Il se donne l’impression d’exister. Il se met en dissidence, en rébellion. Il se croit franc-tireur.
Hughes de la taille au travers de ses œuvres porteuses de sensibilité, chargées de poésie lumineuse, de fragmentation de la vie, laisse transparaitre au second degré, l’existence d’un univers terrible, sous jacent signifiant toute la misère et le drame de la rue, où sous les fards d’une certaine beauté, demeure tout le poids de la solitude, de l’isolement. Alors tout n’est plus que contradiction.
Par la précision de son dessin recouvert du masque de sa palette colorée, il faut savoir y percevoir la détresse au quotidien, la déchirure de l’être, le paradoxe ou la rupture de l’ancien et du moderne.
Hughes de la Taille à sa manière, nous invite à lire le cri d’un graffiti, cette empreinte témoin de la quête d’une identité noyée dans l’anonymat de la cité.
Néanmoins par delà le drame humain, notre ami, retrouve dans son jardin secret, l’intime au féminin, dans le désir de la courbe d’un sein, d’une hanche ou de l’imaginaire érotique d’une belle lectrice dénudée, qui nous invite au partage des ses songes.
Il se livre aux exercices d’un hymne à la beauté, à la poésie du trait, de la ligne. Cependant cette beauté est fragile, éphémère et la réalité s’avère souvent cruelle, alors face au miroir des illusions, une petite voix s’élève au cœur de l’incontournable déclin, décrépitude, de la flétrissure sans complaisance : « A quoi bon ! »
Oui à quoi bon ce marché de dupes ?
C’est tout cela à la fois Hughes de la taille, un amoureux de la vie de l’instant, de la beauté, un perfectionniste du dessin, un esthète dans l’insatisfaction, mais aussi un bel humaniste silencieux, n’ayant pour arme que son crayon et quelques couleurs diluées, pour lancer son cri vers la vie, en y déposant toute la luminosité de sa poésie personnelle.
J’imagine Hughes de la taille seul dans son atelier à la campagne, reprenant une ligne, une cambrure, une note colorée, un rythme harmonique, et se retourner vers sa femme omniprésente dans sa démarche, qui l’observait discrètement au dessus de son épaule dans l’évolution d’une des ses toiles, et lui dire :
« Je voudrais composer une palette aux couleurs de la rue, aux rythmes de la vie, aux transparences de l’âme, à tes couleurs de femme, afin de mieux pouvoir élaborer la toile de l’amour et de poursuivre encore bien loin notre chemin dans la coupe de l’art et du partage…! »
Pour Hughes de la Taille, peindre c’est aussi déposer un bel éclat de lumière sur les grisailles du quotidien, les paradoxes de l’humain et donner une touche d’espérance pour demain !
Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.
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vernissage le samedi 3 décembre à 17 heures
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