Galerie d'art * premier semestre 2013

Publié le par jacques-francois Dussottier

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2013
PREMIER  semestre 2013

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PEINTURE,  SCULPTURE,
 PHOTOGRAPHIE



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responsable de la galerie
 
MICHEL BÉNARD michel_02.jpg

le contacter pour exposer dans notre galerie :
par courriel : michel.benard93@sfr.fr
*
JACQUES-FRANÇOIS  DUSSOTTIER
communication/internet
(internet) : jfdussottier@gmail.com

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MANIFESTATIONS  A  VENIR :
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premier semestre 2013


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EXPOSITIONS  d’ART a venir :

 

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            EXPOSITION  PASSÉE :

 du 5 au 18 janvier 2013

 

CAROLINE HUMAIR

  peintre

 

 

  visitez son site internet :

http://carolinehumair.estsurlenet.com

 

 

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  Caroline HUMAIR, le geste de l’instinct créatif.

 

Chers(es) amis(es) bonjour, et merci à tous et à toutes d’être venus si nombreux, pour certains de très loin, du Sud de la France et même du Viêtnam, pour nous retrouver et célébrer, dans le partage et l’amitié, ce vernissage de notre amie peintre Caroline Humair, en notre Espace Mompezat, siège de la Société des Poètes Français (SPF). Le premier contact avec cette exposition, c’est déjà une déferlante de positivité graphique, une vague lumineuse chaleureuse, un souffle d’authenticité, une bouffée de liberté, un espace offert à l’imaginaire, une bannière libertaire, en un mot la « liberté libre » comme nous aurait susurré ce jeune poète de dix sept ans qui n’était pas trop sérieux, Arthur Rimbaud. Oui, libre de liberté, toute l’œuvre de Caroline Humair repose sur ce principe de l’indépendance créative. Le parcours artistique de Caroline Humair fût toujours lié à la création, car elle est issue d’un milieu porteur, d’une terre fertile, avec une mère s’exprimant dans les disciplines musicales, comme le chant, les arts graphiques et un père qui, dans l’inconscient ou le non révélé, occupe une place prépondérante, d’une part avec son coté plasticien, bien connu dans le monde de la peinture, mais également dans le monde du jazz avec une renommée mondiale, je me permets de citer ici, Daniel Humair. Vous conviendrez que l’héritage n’est pas anodin. Mais si le besoin de créer individuellement fût toujours le credo de Caroline Humair, elle étudia la philosophie et la psychologie, ce qui ne peut avoir qu’une portée favorable pour permettre une compréhension plus affinée du genre humain, vaste sujet, mais elle suivit également des études d’histoire de l’art, d’arts plastiques, ce qui ne peut pas nuire. Voici donc quelques cordes non négligeables et de bons atouts supplémentaires. Néanmoins, je ne m’attarderai pas sur le cursus afin de mieux me concentrer sur l’aspect d’intériorité, qui se révèle être une nécessité viscérale du « combler le vide », de « nourrir le blanc » et si j’étais psychologue, je pourrai vous développer sur le sujet une longue réflexion. Mais écartons ces spéculations intellectuelles pour retrouver tout simplement le monde fabuleux et fabuliste de Caroline Humair. C’est avant tout une peinture où, tout simplement, il faut se laisser porter sans questionnement, un monde où il est bon d’être imprégné par les légendes et le rêve. Un monde où soufflent un vent d’authenticité, un frémissement de bonheur, où l’on découvre des empreintes de poésie naturelle, spontanée. Le geste de l’instinct créatif ! Lorsque je parle de poésie, ne voyez ici aucune méprise, car au premier regard, les œuvres de notre amie laissent surtout apparaître des volumes fragmentés, des espaces mis en situation, en équilibre, l’ensemble baigné par le halo d’une musicalité chromatique, vif, pur, simple mais vrai.

Caroline Humair demeure quelque part dans une sorte de jardin de l’enfance, une cachette intime et secrète dans un conte, une fable et Jean de la Fontaine n’est peut-être pas si loin que nous pourrions l’imaginer. Elle n’aspire qu’à nous transporter dans un flot d’étonnement, d’éblouissement, ses degrés évolutifs sont des jeux, des marelles, des terres, des cieux, une lettre, un vers à décrypter, qui ne sont peut-être que des messages et intentions d’amour voilé.

Certains observateurs, je m’y attends, voudront voir ici un lien avec le monde COBRA issu d’un mouvement artistique déjà ancien né en Belgique, où entre autres, nous retrouvions, Jorn, Alechinsky, Doucet, Atlan, mais pourquoi pas un lieu commun avec Kandinsky, Pollock, Miro et aussi et inévitablement Daniel Humair. Dans ses débuts Caroline subit et c’est tout à fait normal, quelques influences à partir des œuvres de Van Gogh, Modigliani etc. Mais très vite elle découvrit sa facture et écriture personnelles, avec ce côté tactile, ce besoin de contact, de jeux d’encres se diffusant dans l’eau au fil des irisations heureuses et parfois hasardeuses. Nous sommes ici dans le geste de « l’abstraction figurative. »  Il est bien évident que ce ne sont pas les titres qui font les tableaux, mais ceux que leur donne Caroline Humair sont assez révélateurs de la démarche ainsi que de l’esprit humoriste et ludique de cette dernière. En voici un tout petit échantillonnage, tenez vous bien c’est assez croustillant… « L’homme pigeon - ça commence bien, Rat tas touille - Boîte & reboîte - La vache sacrement folle – Plus besoin de placebo la place est belle -  Je n’aime pas le vide - etc. Tout n’est que foisonnement coloré, poésie où l’esprit s’envole vers l’arbre des rêves, une peinture où finalement le petit Prince n’est pas bien loin. Les sujets sont libres où les fragments, les volumes, tentent de se retrouver, de s’harmoniser, de trouver l’équilibre naturel loin de toutes lois conventionnelles. Oui toute la poésie est là sur un arbre isolé, l’ébahissement  d’un poisson volant, l’embellie pastellées d’un papillon, la mystérieuse apparition d’un visage, d’un masque étrange sorti des profondeurs de la nuit des temps.

Les frondaisons caressent le ciel et les racines plongent dans la mémoire.

Mais ici, je préfère vous laisser vous imprégner vous-même des œuvres de Caroline Humair, elles sont sources de jouvence et parcelles de vie.

 Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française * Chevalier des Arts et Lettres

 

                                                   

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EXPOSITION  PASSÉE :

 du 2 au 15 février 2013

 

ARNAUD  PAUTHIER

  peintre

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  visitez son site internet : arnaudpauthier.jimdo.com/galerie

 

 

ANNE  MERLET

céramiste porcelainière 

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    visitez son site internet : www.anne-merlet.fr/exposition

 

 

vernissage le samedi 2 février à 17 heures

 

 

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Anne Merletporcelainière et  Arnaud Pauthierpeintre 

  La Société des Poètes français (SPF) est honorée de vous accueillir nombreux et nombreuses une nouvelle fois depuis douze ans en son Espace Mompezat, autour d’une nouvelle exposition, toute chargée de particularité et d’une évidente et extrême qualité.

Pour cette exposition d’exception que nous devons au patronage et recommandations  de la Galerie Espace NLB, nos deux artistes tout en complémentarité nous viennent de Limoges et sa région.

C’est avec un grand plaisir que nous découvrons ce duo d’artistes-artisans glorifiant le travail de qualité et de tradition.

Anne Merlet et Arnaud Pauthier, disciples de l’école du beau, du vrai et du grand que nous devons encourager de plus en plus face à la défection évidente des institutions de l’art dit   « officiel ». La tentation me pousse à dire l’insignifiance de l’art officiel, sa stérilité insipide et pontifiante dans de bien trop nombreux cas.

Ce soir ici nous sommes loin de ce triste constat, car nos deux artistes-artisans appartiennent à la catégorie des authentiques représentants d’un art de noble tradition dans le prolongement de l’esprit des compagnons, une appartenance que je revendique et à laquelle j’attache une haute importance, issu moi-même d’une lignée d’artisans.

La courtoisie voudra qu’en premier lieu je me tourne vers Anne Merlet, artiste-artisan porcelainière des plus reconnus (es)  dans le fief de la porcelaine de Limoges.

 

Anne Merletporcelainière 

Très jeune Anne Merlet présentât des prédispositions pour les arts, le dessin, la découverte de l’argile dès sa plus tendre enfance, grâce à des parents qui ne furent pas hostiles à ses goûts et lui permirent de s’exprimer selon ses souhaits.

Parcours singulier pour une jeune fille, elle fît déjà un apprentissage en ébénisterie, mais ce sera vers l’art de la porcelaine qu’elle finira par s’orienter.

Pour sa sélection elle devra présenter un solide dossier qui lui permit d’être intégrée à l’école de la porcelaine où elle obtiendra tous les diplômes relatifs à cette difficile discipline. 

L’art de la porcelaine est des plus délicats, des plus liés à la symbolique de notre appartenance à l’univers et à la création car il rassemble tous les éléments porteurs de l’origine de la vie. L’air, l’eau, la terre et le feu ! Sans ces quatre éléments primordiaux la porcelaine n’existe pas.

Soyez certains que j’éprouve une immense satisfaction de pouvoir présenter Anne Merlet qui appartient à cette prestigieuse corporation des artistes-artisans qui conserve toute la noblesse du savoir-faire, de la composition de l’œuvre essentielle, de la transmission de l’intelligence de la main, nous sommes loin ici des insignifiances patentées de nos chers dirigeants, s’extasiant sur leur incompétence notoire.

L’art et l’artisanat, deux racines indissociables, prennent ici toute leur signification.

Anne Merlet possède son art, son métier sur le bout des doigts, elle élabore toutes les phases des ses créations, allant des sélections de l’argile, au façonnage, au moulage, à la cuisson et à la finition digne de l’orfèvre des ses créations.

Donc à la conception totale ! A l’heure méprisante du concept roi, tout le monde ne peut pas en dire autant.

Chez Anne Merlet tout est mis en chantier, conçu, réalisé et finalisé quel qu’en  soit l’engagement personnel

C’est le métier total et absolu, sans aucune concession, avec en plus la note poétique.

Coté professionnel, il faut bien assurer l’intendance, cela ne l’a pas empêché de mettre son art et son savoir faire, au service de l’industrie porcelainière par ses prototypes, ses modelages, en un mot par sa technicité.

Mais pour demeurer dans l’esprit qui nous anime, je soulignerai toutes les vibrations poétiques qui émanent de ses œuvres.

Chez elle la pureté de la blancheur est dominante, tout est finesse, transparence, délicatesse.

Son message poétique se perçoit tout en filigrane, tout en jeux de subtilités diaphanes, susurrées et suggérées.

Son univers est conçu de nids pour peut-être y préserver ses rêves, des déclinaisons célestes, des champs étoilés, d’oniriques constellations.

Nous pourrions presque dire que ses porcelaines sont des livres de silence blanc, des dentelles amidonnées se drapant de mystères, les mirages diaphanes d’une autre rive qui sommeillent au palais des rêves afin de mieux en extirper l’amour de la beauté, dans le respect du travail abouti par la symphonie des transparences.

 

Arnaud Pauthierpeintre 

Permettez-moi maintenant de me tourner vers notre artiste peintre, Arnaud Pauthier, imprégné lui également de l’esprit de l’artisan, dont les œuvres subtilement colorées au graphisme informel, aux valeurs chromatiques harmonieusement contrastées, se situent en parfaite complémentarité avec les œuvres d’Anne Merlet, sorte de complicité créative.

Volontairement je ne m’attarderai pas trop sur le cursus, néanmoins Arnaud Pauthier suivit sa formation classique à l’école des beaux arts, mais aussi dans une école d’art déco.

Notre artiste en devenir a connu un terrain propice dans le domaine artistique dès son enfance, car sa maman était restauratrice d’œuvres d’art, ce qui ne lui conféra pas pour autant le talent qui lui fût gratifié, le fait d’avoir Léonard de Vinci pour papa, ne vous donne pas pour autant du génie !

Au terme de ses études des beaux arts, Arnaud Pauthier se sentit quelque peu formaté, conditionné, captif d’un enseignement n’octroyant que peu de place à l’épanouissement créatif personnel.

Il décida vite de retrouver et de reprendre sa personnalité d’artiste libre et de travailler à la réalisation de sa propre facture, de son mode d’expression.

Au premier regard les œuvres d’Arnaud Pauthier attirent notre attention par leurs vibrations lumineuses et leurs transparences «  laquées ».

Chez lui aussi le métier est prédominant, des plus maîtrisés tout en laissant l’imaginaire et la poésie s’exprimer.

Avant d’atteindre une aussi surprenante maîtrise, Arnaud Pauthier aborda le dessin passage incontournable, l’aquarelle, l’huile, l’acrylique etc. Il alla aussi saisir ses sujets sur le motif avant de les redéfinir en atelier.

Indéniablement la pratique de l’aquarelle fût un bon support pour notre ami, car elle se retrouve dans la technicité de ses œuvres.

Arnaud Pauthier joue de la transparence, des glacis, des superpositions  tout en subtilités chromatiques, avec de beaux rapports colorés usant et osant l’assemblage de tons chauds et froids sans aucune dissonance.

Arnaud Pauthier travaille directement avec des vernis qu’il pigmente en adaptant la technique du lavis propre à l’aquarelle.

Les sujets traités sont des plus variés, allant de l’élément humain, du nu, paysages recomposés aux embrassements végétaux pour s’orienter vers quelques errances citadines spécialement réalisées pour cette exposition et laissant transparaître toute la solitude de l’homme dans la cité.

Nous découvrons dans les œuvres d’Arnaud Pauthier une vibration fragmentée et je suis persuadé que certaines des ces réalisations, pourraient servir de projets pour des maîtres verriers souhaitant réaliser quelques beaux vitraux personnalisés.

Point de jonction entre l’artiste et l’artisan, ou inversement, selon !

Certains voudront voir ici et là, dans certains tableaux de notre ami une connotation orientaliste, ce n’est peut-être pas tout à fait faux, mais à titre personnel je serai beaucoup plus réservé sur ce point. Par contre les harmonies lumineuses nous transportent bien loin dans l’errance onirique fragmentée.

Où se situe chez Arnaud Pauthier la figuration ? Où voyons-nous l’abstraction ? La ligne de démarcation est périlleuse à saisir, mais peu importe, abandonnons-nous à nos impressions, à nos ressentis, au besoin de notre plaisir visuel d’éblouissement intemporel.

Ondes lumineuses, transparences opalines, vibrations chromatiques, parcelles d’éternité, je vous laisse ici, sur cette intersection, le choix de votre voie, entre figuration suggérée et abstraction tempérée.

Mais indéniablement nous sommes confrontés à une note émotionnelle irisée !

 Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.

 

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EXPOSITION  PASSÉE:

 

du 2 au 15 mars 2013

 

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HÉLÈNE  MOREL

  peintre sur bois

 

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  vernissage le samedi 2 mars à 17 heures

 

 

                            « Créer dans le silence et la paix, c’est déjà dialoguer avec le divin ! » 

  

Hélène Morel, entre cathédrales et symboles.

 

 Chers amis et chères amies, soyez les bienvenus en notre Espace Mompezat siège de la société des Poètes français (SPF). Merci à tous et toutes d’être venus honorer par votre présence et découvrir l’exposition tout à fait singulière de cette artiste combien talentueuse et «  symbolisante » Hélène Morel, qui en fait est une récidiviste, puisque nous avons déjà eu le plaisir de présenter ses œuvres voici deux ans. A cette époque nous demeurions aussi dans une expression symbolique, dans la préciosité graphique, l’assemblage minutieux des plans, mais nous étions plutôt dans un espace minéral, végétal et anecdotique. Aujourd’hui notre artiste, Hélène Morel nous propose de nous plonger dans une réflexion liée à la symbolique sacrée et profane.Un sacré émanant d’ailleurs des cultes anciens, panthéistes, chamaniques pour rejoindre le temps des cathédrales et toute son universalité gravée dans les grands livres de pierre que sont les cathédrales. Livres polychromes à l’origine. En premier lieu je vous invite à vous attarder sur la technique d’Hélène Morel, qui nous propose des œuvres très précieuses dans leur réalisation, sorte de joaillerie ou marqueterie picturale.

Le travail d’Hélène Morel nous rapproche des peintres d’icônes, des enlumineurs travaillant avec une extrême minutie et recueillement derrière leur pupitre dans le silence monacal. Permettez moi-même d’oser aller plus loin, car un semblable travail pourrait très bien servir de cartons et projets pour des maîtres verriers. Lorsque l’on est né près d’une grande cathédrale comme celle de Reims il se trouve que l’on soit très sensible à tous les corps de métiers des Compagnons qui en découlent. Esprit individuel de compagnonnage que nous retrouvons d’ailleurs chez Hélène Morel.     Ce regard que porte Hélène Morel sur les cathédrales n’est peut-être pas tout à fait l’effet du hasard, personnellement je ne crois pas beaucoup au hasard mais plutôt à des rendez-vous programmés dans l’espace et le temps ! Ainsi à l’âge de sept ans environ notre amie reçut une sorte de révélation dans la cathédrale de Chartres, sur les pas de Charles Péguy. « Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale. De loin en loin surnage un chapelet de meules…/… »Non pas une révélation spirituelle, plus précisément esthétique. L’émotion de la beauté et de la grandeur. Eux même peintres et illustrateurs ses parents ne firent absolument pas obstruction à ce que la petite Hélène, s’oriente vers les arts, à une condition toutefois qu’elle poursuive ces études, ce qui était beaucoup plus sage. Un peu à l’instar de Marc Chagall, notre amie fera elle aussi vers quinze, seize ans, une sorte de cheminement biblique, avec pour clé de voute de l’œuvre toute la symbolique cyclique de la création. Simple aspect anecdotique, il arrivait à Hélène Morel de vendre ses productions sur les quais de Seine, afin de se faire un peu d’argent de poche. Aussi étrange que cela puisse paraître ce ne sera pas la peinture que conduira Hélène Morel sur les voies du symbolisme, mais la philosophie par son rattachement aux rapports de l’homme à l’esprit et de l’esprit au mysticisme ou plus précisément au sens masqué du sacré. Philosophie d’ailleurs dont elle possède une maîtrise et qu’elle enseigna une période de sa vie. Le questionnement est ici important par l’éveil du doute et de la remise en interrogation permanente. Surtout ne pas installer l’esprit dans un petit confort aliénant et réducteur. Son chemin des cathédrales sera Saint Etienne, Amiens, Chartres, notre Dame de Paris. A ce point de jonction je vous invite à prendre le temps de décrypter chaque œuvre ou icône d’Hélène Morel.Elle développe point par point tout le rapport symbolique du profane et du sacré. Des grands livres de pierre, qui s’élèvent vers la voute céleste. La symbolique du cercle y est omniprésente par le jeu des labyrinthes et des grandes rosaces souvent placés en écho, comme parcours de vie et retour à l’origine. Voie initiatique également !Il faut lire les œuvres d’Hélène Morel comme des ouvrages où la symbolique se retrouve en ses moindres détails, entre ténèbres et lumière, espérance et germination où chaque cathédrale est un grand vaisseau emportant l’homme vers l’inconnu et son interrogation perpétuelle.

Oui, j’ai bien dit lire à propos des œuvres de notre artiste, car en référence à l’art iconographique, on ne peint pas une icône, mais on l’écrit. Nous retrouvons au cœur des œuvres d’Hélène Morel des fragments de mémoire d’humanité. Elle joue avec la symbolique de la lumière comme une transparente semence, organise sa musique des couleurs comme une symphonie céleste. Double lecture du palindrome entre la terre et l’éther, entre l’homme et le divin. Parmi nos accessoires symboliques, nos croix et lumières porteuses d’espérance, Hélène Morel voudrait bien nous donner un clé pour notre élévation, nous mettre un peu de bleu dans les yeux et comme la colombe de Noé nous offrir la possibilité de découvrir une terre nouvelle où peut-être règnent la paix et l’harmonie.

Hélène Morel nous offre une symphonie céleste, issue de l’air, de l’eau, de la pierre, du sable et du feu. Elle s’ingénie à restituer une signification sacrée à l’œuvre sans basculer dans le religieux fétichiste, ni l’image saint-sulpicienne. Elle peint avec des larmes colorées qui prennent la forme d’un petit miracle, c’est une écriture magnifiée d’un ciel qui se dépose sur le Livre de pierre.

 

 Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.

 

                    

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  EXPOSITION  PASSÉE :

 

 

du 6 au 19 avril 2013

 

 

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BERNADETTE  STERN

  peintre

 

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Franceleine

DEBELLE FONTAINE


  sculpteur

 

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Une nouvelle fois nous sommes heureux de vous accueillir en notre Espace Mompezat, siège de la Société des Poètes français, au cœur de cette exposition tout en harmonie et complémentarité de nos deux artistes, Bernadette Stern, peintre et Franceleine Debellefontaine, sculpteur.Notre plaisir en est double car les œuvres de chacune trouvent leurs échos et prolongements. Dans le rythme, les formes et même parfois les thèmes.Il est des rencontres privilégiées où le hasard ne se justifie pas.C’était un rendez-vous programmé, annoncé pourrait-on souligner !Deux artistes au féminin.

Deux parcours créatifs et singuliers.Et déjà une solide amitié !

 

Bernadette Stern – peintre –

 

En premier lieu je me tournerai vers Bernadette Stern dont le parcours de vie est multidimensionnel et pluridisciplinaire.

Bernadette Stern appartient à la catégorie de ces femmes toujours en quête d’absolu, de renouveau, d’étonnement, de questionnement, de vie trépidante et tourbillonnante, en un mot comme une sorte de ballet permanent.Nous ne croyons pas si bien dire, car Bernadette Stern fût danseuse professionnelle, elle danse toujours d’ailleurs, mais désormais pour son vrai plaisir et celui de ses amis.Le dessin fit toujours parti de son environnement et de sa vie très intense, car ce furent les tournées internationales, mais également le théâtre, le chant, le cinéma, oui un véritable tourbillon.Une femme pétillante de toute part et en surcharge d’énergie vous dis-je !  Finalement ses havres de paix, car il en faut, elle les trouvera au travers de l’art graphique, le dessin sous toutes ses formes et techniques, mine de plomb, fusain, sanguine, pastel sec, etc.

Puis viendra la gouache séchant trop vite à sa guise et finalement l’huile, souple, onctueuse,  afin de mieux nous transporter dans ce jardin des rêves, des mythes et des légendes.L’expression graphique s’impose naturellement chez Bernadette Stern, elle est en quelque sorte le prolongement des volutes chorégraphiques sur la scène, c’est aussi cette farouche nécessité de restituer une continuité au geste et au corps, en reprenant possession de l’espace !

Néanmoins, je vous suggère de délaisser la forme pour le fond, en vous laissant transporter par l’onirisme de ses œuvres.

Avec elle, frappons les «  trois coups » et ouvrons le rideau de son imaginaire, passons le vieux pont de pierre pour aller rêver sur le miroir des eaux vénitiennes, glisser sur la lagune, poétiser sur les cendres de « La Fenice » en laissant le masque de la mort s’enfuir sur sa gondole.La vie est aussi une turbulence, un feu ardent, des amours fortes et violentes, des folles passions, de fabuleuses germinaisons.L’amour est aussi une chimère qui sournoisement peut nous foudroyer, dans ses œuvres Bernadette Stern sait parfaitement le symboliser, sans oublier cette petite touche érotique comme point culminant d’une jolie note de liberté.Bien au-delà de la «  comedia del arte », la poésie et la rêverie sont omniprésentes dans l’ensemble de l’œuvre de Bernadette Stern, sans doute est-ce là le mystère de Venise chère à notre amie lorsqu’elle se trouve seule sur la place Saint Marc, isolée dans le silence des brumes et des rumeurs éteintes.Nous pourrions encore longuement nous imprégniez de cet univers oscillant et dansant entre rêve et réalité.Bernadette Stern se fait visionnaire, comme ses masques étonnons-nous devant son espace humain et végétal, avec elle, dansons sur cette corde ténue tendue entre l’amour, la folie et la mort, mais toujours en direction d’une vie habillée de poésie.

 

Franceleine Debellefontaine – sculpteur - 

 

Avec Franceleine Debellefontaine nous évoluons sur un autre plan, un monde indissociable du métier, du savoir-faire et à de la matière.Chez elle ce sont les formes et les volumes qui dansent, qui s’entrelacent et évoluent sous le jeu de sa pensée que la main prolonge et concrétise.Franceleine Debellefontaine, c’est tout une mouvance, un bouillonnement intérieur qui la motive et la guide, des formes en projets variés qui virevoltent dans sa tête et qu’il faut saisir et fixer par la concrétisation de l’œuvre en gestation.Notre amie est une aventurière de la création. Rien que ne puisse la freiner, rien qu’elle ne veuille tenter.Elle travaille en taille directe de manière spontanée et instinctive, c’est le travail et l’expérience qui font le reste.Aujourd’hui nous ne pouvons admirer que des sculptures en bois, mais il est bon de spécifier que Franceleine Debellefontaine opère également sur la pierre et le marbre.Tout repose à l’origine sur le ressenti du corps et de son extension en volumes souples, ondoyants et harmonieux. Le rythme se veut musicale, de chaque sculpture se dégage une sorte de musique linéaire.Unité, cadence, qui vont faire naitre la forme prémonitoire qui sommeille encore dans le tronc de bois, le bloc de pierre ou de marbre.Tout est là, transmettre à la matière le souffle chaud de la vie, de la sensualité.Donner à la matière brute la promesse et l’espoir d’une naissance. Une réponse à l’interrogation !

La sculpture comme la pratique Franceleine Debellefontaine, est la vibration du cri de la vie, une douceur en offrande, un regain d’amour entre l’ombre et la lumière.L’œuvre sculptée de cette artiste est une déclinaison de lignes souples, de volumes doux et harmonieux. Pas étonnant qu’elle porte son regard sur des maîtres comme Maillol, Rodin, Claudel, Brancusi, où domine une beauté naturelle. La création est un mystère où Franceleine Debellefontaine se laisse transporter sans se poser d’inutiles questions, c’est une sorte d’enfantement, d’offrande, ce n’est que la concrétisation d’un élan d’abondance, la sublimation matérialisée du rêve.Cependant au-delà de cette sensibilité et sensualité créatives, je ne voudrais pas risquer de faire oublier l’importance du métier.En sculpture et plus précisément en taille directe, la technique est des plus délicates, elle ne tolère pas le repentir, ni le droit à l’erreur.Alors au-delà du rêve, de l’apparente simplicité que chaque œuvre révèle ici, n’oubliez jamais l’importance du métier et de l’intelligence de la main.

 

 Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres

   

 

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  EXPOSITION  PASSÉE :

 

 

du 7 au 17 mai 2013

 

CHRISTINE VAUCHEL

  peintre

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MARYVONNE  CLARA

sculpteur

 

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Une onde plutôt favorable flotte au dessus de cette nouvelle exposition que nous accueillons avec le plus grand plaisir  en notre espace Mompezat siège de la société des Poètes français (SPF) où nous organisons des manifestations artistiques depuis 1999. Par ailleurs je ne vous masquerai mon plaisir de découvrir deux artistes bien talentueuses qui nous viennent en ligne directe du Nord, région très active sur le plan culturel, où les grands artistes ne font pas défaut, bien des mouvements, des tendances, des écoles nous viennent du Nord ou de Belgique et pas les moindres. Oui, je ressens aujourd’hui encore une grande joie car une nouvelle fois ce trouvent réunies deux créatrices d’excellent niveau qui honorent notre espace, tout comme la précédente exposition, où nous présentions également deux artistes au féminin. Mais revenons à nos deux esthètes du jour.

 

Maryvonne Clara – sculpteur céramiste –

 

En premier lieu je me tournerai vers Maryvonne Clara notre sculpteur céramiste dont les œuvres ne sont qu’une variation d’enchantement et déclinaison de beauté.L’attirance pour les arts et en particulier  la sculpture taraude Maryvonne Clara depuis sa plus tendre enfance où elle commença à modeler de la terre et s’exerça à la pâte à sel, il faut bien débuter, car déjà s’amorçaient les prémices d’une passion plastique qui ne la quitta plus depuis et ne fit que s’amplifier. Plus tard elle s’orienta vers des ateliers de sculpture afin d’acquérir les techniques diverses, les petits secrets du métier, mais sa volonté personnelle et son indépendance farouche et créative la firent vite s’éloigner du principe de groupe et d’atelier collectif, de l’inertie pour s’orienter vers un travail plus personnel et engagé.Maryvonne Clara est une femme qui veut aller à la quintessence des choses lorsqu’il s’agit de sa création, elle ne peut pas supporter le laxisme, les entraves, et un peu comme son beau et puissant taureau rugissant en raku elle fonce tête baissée au risque parfois de rencontre un obstacle !

Mais peu importe, la création libre est à ce prix, l’art à son regard ne supporte aucune faiblesse aucune concession. Travail, expérience, remise en question, combat avec la création sont ses mots clé. Au terme d’un parcours opiniâtre, d’une volonté inflexible, Maryvonne Clara découvre la culture japonaise et par là même la discipline du raku. Le raku a son origine en Corée suite à incident de cuisson de tasses de thé en argile. Le principe fût récupéré et amélioré par les japonais.L’art du raku que pratique à merveille Maryvonne Clara est un art du feu des plus exigeant et qui impose beaucoup de maîtrise, de pratique, une immense technique, ainsi que bon nombre d’échecs. Ici l’erreur n’a pas droit de cité !Outre les mélanges des terres, la réalisation de la sculpture, les périphéries diverses, il y a la cuisson à des températures très élevées qui et un temps fort pour l’évolution de l’œuvre.Puis vient l’habillement, les patines, la céramique et tous les jeux alchimiques et parfois hasardeux liés à la matière, à l’eau et aux caprices du feu.   Pour Maryvonne Clara la sculpture est également une possibilité de rencontre avec les autres cultures, les autres ethnies et ce belle état d’esprit transparait dans ses œuvres par une sorte de nécessité de métissage, de prise de contact avec l’autre et sa différence, que l’on ne peut comprendre que si on le connaît. L’Afrique se conjugue avec l’Orient, l’Occident comme un petit Poulbot se nourrit des chansons de la rue et de la poésie. Le blanc trouve son osmose avec le noir, le Ying avec le Yang. Reconsidération du principe de dualité. Comme tous les artistes Maryvonne Clara porte et nourrit son regard de l’expérience de grands maîtres comme pour n’en citer que quelques uns, Maillol, Pompon, Niki de Saint Phale ou Josépha avec lesquels elle trouve de références et des lieux communs. Il ne vous reste plus qu’à prendre le temps de peut-être vous asseoir à coté d’une jolie petite baigneuse, afin d’admirer chacune de ces sculptures gracieuses, raffinées, élancées, puissantes et de vous rapprocher de l’esprit de poésie qui devrait embellir le monde et y rependre ses ondes universelles, ainsi que Maryvonne Clara s’implique à le faire par le rayonnement de son talent artistique.

 

 Christine Vauchel – peintre –

 

 Il est captivant de constater la similitude entre nos deux artistes, véritable complémentarité à la fois esthétique et chromatique. Nous pourrions presque évoquer le terme de jumelage. Très jeune également Christine Vauchel fût attirée par les arts, mais dans son cas c’est peut-être à priori plus logique puisqu’elle est issue d’une famille d’artistes. Donc, il semblerait que le terrain soit plutôt favorable. Toutefois ne nous méprenons pas, ce n’est pas parce que les parents taquinent les muses, que l’on devient nécessairement artiste. Néanmoins la jeune Christine Vauchel suivie des cours d’art plastique, mais assez vite elle se sentit un peu à l’étroit dans cet enseignement théorique quelque peu conventionnel, trop emprisonnée dans son mode d’expression. Elle avait absolument besoin d’ouverture, d’un souffle novateur, une envie profonde de se libérer de ce «  carcan » poussiéreux qui entrave bien trop les personnalités, qui réduit trop les authentiques moyens d’expressions.    Ainsi Christine Vauchel quitta au plus vite ce cursus afin de pouvoir s’exprimer et créer bien plus librement avec son cœur. Il est tout à fait évident que les débuts d’indépendance ne furent pas si faciles. Ce fût le travail sur le motif, des paysages, des natures mortes, en fait un figuratif qui n’avait rien de très original. Mais le naturel reprend rapidement ses droits et sa personnalité se révéla, notre amie commença à exécuter ses œuvres avec plus de spontanéité du geste avec pour facteur dynamisant le plaisir de créer, d’inventer d’une façon un peu plus aventureuse ou indéfinie.De plus en plus tout ne devenait plus qu’un souffle, un geste libéré, une joie profonde devant la réalisation d’un travail non programmé, non réfléchi, mais simplement livré à l’influence de la liberté créative. A la spontanéité et peut-être aussi aux jeux heureux de certains «hasards »Très proche de l’écriture, puisque Christine Vauchel pratique régulièrement la poésie, dont elle a déjà édité plusieurs ouvrages, cette dernière est sensible à la révélation de l’image où elle laisse flotter son ou ses rêves qui petit à petit prennent forme sur l’espace blanc et inconnu de la toile dans le seul enchainement créateur. Les formes s’organisent, se mettent naturellement en place, presque inconsciemment dans l’ivresse de l’inspiration. Les personnages d’une belle évocation poétique et mystérieuse, sont le plus souvent de filiformes, mystérieux, fantomatiques, diaphanes, le silence investit l’espace. Incrustés dans une chaleureuse matière harmonieuse et onctueuse, les visages des personnages ne sont que suggérés, cernés d’une orbe énigmatique. Christine Vauchel se laisse transporter par son rêve éveillé un peu comme dans un état de « transe hypnotique » toutes proportions gardées bien évidement. Elle n’élabore plus jamais son tableau à l’avance et se laisse guider par son ressenti où les formes prennent place, s’harmonisent s’imbriquent naturellement sous les principes d’une « loi » indéfinissable. Une musicalité s’impose d’elle-même. En Christine Vauchel demeure un fort potentiel d’énergie active et son potentiel de création lui est vital. Il lui faut absolument se plonger corps et âme dans ce combat avec elle-même au risque de se perdre.

Rejoignons des eaux moins tumultueuses, plus calmes et si vous lui demandez quels sont ses artistes phares, ses points de repères, elle marquera un temps d’arrêt, un peu d’hésitation et finira par répondre du bout de lèvres, Klimt ! Alors ne cherchez pas trop les influences, ni les rappels à Klimt, vous n’en trouverez pas ou très peu, sauf peut-être dans une toile intitulée « La sieste improvisées » où je vois une femme plongée dans son rêve familier un peu d’une façon baudelairienne ou verlainienne, permettez au romantisme d’agir. Mais laissez vous plutôt transporter au travers de cet univers onirique en filigrane où les variations colorées des abstractions. Laissez la place au songe.Chez Christine Vauchel une chose est certaine, la matière prend parfois la forme du Verbe, lorsque le mot révèle sa forme.

 

Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’ordre des Arts & des Lettres.

 

                

 

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  EXPOSITION  ACTUELLE :

 

 

du 01 au 14 juin 2013

 

DAVIDO

  peintre

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JOËLLE DEROUBAIX

sculpteur

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Double plaisir de présenter une nouvelle exposition très personnalisée et de qualité, car en prime le soleil que nous avions cru disparu est aujourd’hui timidement revenu pour illuminer votre présence et l’art conjugué de nos deux amis créateurs. Joëlle Deroubaix, sculpteur-céramiste et Davido, peintre des jardins de l’univers.

Merci donc à tous et toutes de votre fidélité et présence en notre espace Mompezat siège de la société des Poètes français.

 

Davido – peintre  :

 

Permettez-moi de me tourner vers Davido dont l’ensemble des œuvres révèle une belle unité. Davido est rattaché depuis longtemps à la révélation et influence artistique puisqu’il se souvient vers l’âge de quatre ans avoir reçu son premier choc esthétique, car il porte en mémoire son étonnement devant des œuvres de Fernand Léger, qui au travers de son regard d’enfant représentaient tout un monde mécanisé, robotisé, avec des personnages cubiques, très certainement semblables aux petits jouets que l’on pouvait avoir à l’époque. Signes inconscients, mais sans doute déjà annonciateurs. Sorte de précocité artistique. L’adolescence viendra, mais la passion pour les arts demeurera, Davido se livre au dessin, mais d’une manière très autonome, sans contraintes, un peu comme un électron libre.Il s’intéresse à l’art en généralité, dans une vision globale, graphique, musicale, philosophique, théâtrale, etc. Cependant il s’orientera vers les arts appliqués, suivra les cours de l’école Froment. Puis deviendra graphiste, publiciste, et travaillera à la revue « Air Actualité » durant son service militaire. D’autres métiers seront nécessaires pour assurer le quotidien, mais la pratique artistique demeurera constante. Les expositions se succédèrent, individuelles ou en salons, comme par exemple le salon des Indépendants. Nous avons tous nos références, nos points d’équilibre et de communion.Ce sera le peintre Georges Mathieu qui sera un peu le guide, le mètre étalon, pour le jeune artiste Davido. N’oublions pas le mouvement important de l’Action Painting dans les années 60 à 80, de l’abstraction lyrique, je pense à Zao Wou Ki qui vient de nos quitter, Sam Francis, Pollock, De Kooning, Motherwel, etc. Davido éprouve le besoin de s’exprimer par le trait, la ligne mouvante, la linéarité souple, la dynamique silencieuse. Dans son œuvre et sa pensée il ressent une vive nécessité de tenter d’investir l’invisible, les profondeurs de l’âme qui relient à l’infini étoilée. Le principe de la cosmogonie est présent dans son œuvre, il peut passer de l’infirment petit à l’infiniment grand, effet miroir en quelque sorte.Lorsqu’il s’investit dans l’acte de création Davido s’abandonne aux étendues sécrètes des mondes parallèles, il laisse flotter son imaginaire dans la dimension astrale. Toutefois Davido s’impose des règles de travail, car il a pleinement conscience que l’idée n’est rien si le travail n’est pas au rendez-vous, l’aboutissement de l’œuvre en dépend. Notre ami aime à souligner qu’il est un homme « d’obsession.» dans la réalisation de ses compositions. Chez lui tout demeure en écho, musique, écriture, évasion graphique. Jusqu’aux portraits à main levée qu’il exécute spontanément pour le seul plaisir du trait. Il part toujours à la découverte, en «  terra incognita ».  La peinture est pour lui un extraordinaire voyage vers le cosmos, vers l’intérieur aussi, à la recherche d’un rythme musical cosmique, de la musique des sphères. Surtout il veut éviter de ressentir trop le plaisir de la satisfaction, il est nécessaire de se reposer des questions et de repartir à zéro ! Travailler en totale liberté, selon le principe de Friedrich Nietzche : «  Etre pleinement soi même. » Se maintenir dans une pensée de libre création. Par nature, dans ses œuvres comme dans la vie, il supporte difficilement le formatage, il aspire à un monde exempt de limites, de balisages, de frontières.    Sans cesse il se sent l’obligation de reconstruire. Erasme a écrit «  L’éloge de la folie » Davido vient de publier «  L’éloge du doute » Il n’y a pas de hasard ! Le doute est la dynamique de la reconstruction.

 

Joëlle Deroubaixsculpteurcéramiste  :

 

 Désormais je me tourne vers notre sculpteur Joëlle Deroubaix, qui ne prévoyait absolument pas verser dans cette discipline, car à l’origine son rêve était de devenir écrivain.. L’Afrique où elle séjourna plusieurs années au titre de la coopération, n’est probablement pas étrangère à son orientation vers la sculpture au travers de la mémorisation et de l’inconscient, car l’Afrique est bien la terres de la sculpture, naturelle, brute, tribale, mais souvent mystérieuse et troublante, ici je m’en porte garant car j’y ai découvert des artistes de grand talent, j’évoquerai simplement Ousmane Sow et l’imprégnation que peut jouer sur nous l’Afrique. Le  mystère de la sculpture fît doucement son chemin et Joëlle Deroubaix ressentit le besoin de s’orienter vers les beaux arts où elle suivit des cours de céramique, puis elle alla travailler dans les ateliers Jean et Jacqueline Lerat, qui lui révélèrent tout simplement sa véritable vocation.

Initialement, Joëlle Deroubaix est naturellement attirée vers les formes simples, les volumes naturels, le monde végétal et minéral qui en fait sont nos matrices lointaines. Au cours d’un jumelage artistique franco-allemand, elle fût impressionnée par l’art baroque, et au travers de cette mouvance, notre amie s’orienta, vers l’élément humain, le langage du corps et du visage, toute l’intensité sensuelle qui peut s’en dégager. Joëlle Deroubaix désire avant tout se rapprocher de la vie et de ses attitudes révélatrices identitaires. Ce grand rêve à l’instar de Pygmalion serait de transmettre la vie en la sculptant ! Ses techniques sont variées, à la base bien évidemment elle travaille la terre, source même de la vie par cette trilogie de l’air, de l’eau et du feu. Ce travail assidu la conduit progressivement vers le raku, la céramique, le bronze et l’alchimie des diverses et délicates patines. A ce stade nous sommes plongés dans l’univers de l’artisan, de la volonté du travail bien fait, de l’expérience proche de l’esprit des compagnons. Bien que s’orientant actuellement vers une forme de sculpture plus instinctive, plus intuitive, Joëlle Deroubaix n’échappe pas au patrimoine génétique dont nous sommes tous porteurs, ainsi nous pouvons percevoir au travers de ses œuvres des résonnances lointaines, souffles mythologiques où peuvent se mêler la Rome ou Grèce antiques, mais également l’appel de l’Extrême-Orient  où les richesses sculptées sont des plus délicates et raffinées, n’oublions pas les traces étrusques, romanes ou gothiques car en finalité tout n’est que successions d’influences.Qui croyez-vous voir dans ces femmes de l’origine et de légende, Lucy l’africaine ou Eve l’intemporelle, Galatée la réincarnée  ou Lilith l’insoumise ?

Tout se situe sur le fil sensible et ténu de l’animus ou de l’anima, de l’animalité aussi au cœur et en l’âme de l’homme.

Par la sculpture Joëlle Deroubaix rejoint les sphères universelles, celles desquelles ont tenté de se rapprocher des grands sculpteurs comme Bourdelle, Rodin, Claudel, Maillol, Volti, mais je songe aussi à Jeanclos qui réussit à faire une merveilleuse synthèse entre la tradition rattachée au judaïsme et l’humanisme en retournant à ses sources matricielles ou souffle originel.

 

Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française.

Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.

 

 

 

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  EXPOSITION  ACTUELLE :

 

 

du 06 au 19 juillet 2013

 

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LIBA  AND CO

peintres

 

                          Tout d’abord merci à tous et toutes d’être venus si nombreux, nombreuses honorer de votre présence ce vernissage du collectif «  Divining the Dream » en notre espace Mompezat, siège de la société des poètes français.

Pour cette dernière exposition de la saison, nous avons le plus grand plaisir d’accueillir un collectif d’artistes en majeure partie américains, issus du monde visionnaire, des espaces fantastiques se situant entre la divination et les songes. Il est absolument nécessaire de souligner que la majorité des artistes appartenant à ces courants d’expression créatifs, symboliques, oniriques ou ésotériques, outre l’imaginaire, la vision qui prédominent chez eux, sont tous de remarquables peintres, dessinateurs, graveurs usant de techniques abouties et parfaitement maîtrisées.

Ce sont des artistes qui possèdent et respectent le « beau » métier de peintre !

Nous sommes ici très loin des insipidités balbutiantes d’une certaine catégorie de pseudo-artistes, soit disant modernes, émergeants, ou conceptuels aux démarches le plus souvent insignifiantes, sauf quelques exce

ptions.

Ici la qualité est tangible, que les sujets traités vous séduisent ou pas.   

Donc, honneur aux dames, je commencerai la modeste présentation de ce collectif visionnaire par Liba Waring Stambollion.

 

Liba Waring Stambollion :

 Liba Waring Stambollion, est en quelque sorte l’élément fondateur et dynamisant du groupe «  Divining the Dream » dont je vous recommande très vivement le remarquable ouvrage du même nom, qu’elle a fait éditer aux éditions « Artwork. » 

Liba est une artiste complète qui nous transporte dans un univers chargé d’une singulière poésie, d’ailleurs elle-même est poète et s’exprime très bien dans cette discipline, qui n’est pas la seule car elle est également styliste et décoratrice dans le mobilier.

Cet esprit de poésie imprègne indéniablement ses œuvres.

Toutefois Liba va bien au-delà de la poésie, elle nourrit et transpose toute une fabuleuse symbolique puisée aux sources de la mémoire collectives des mythes & légendes.

Chacune de ses œuvres délivrent un message. C’est ainsi que nous découvrons au détour d’un chemin, l’arbre de vie aux profondes racines se nourrissant dans les ténèbres pour jaillir dans la lumière chargé du vert de l’espérance, auréolé par le symbole de l’infini et du cycle de l’éternel.

Quelques déesses angéliques parcourent sur la pointe des pieds ses œuvres. La pensée se veut obstinément universelle, karmique, cosmique voire, anciennes réminiscences des terres d’Albion parfois celtiques.

Chaque signe prend une profonde signification, et nous entraine dans le grand tourbillon aquatique et cosmique éléments fondamentaux de la vie.

Nous découvrons chez Liba un monde animal chimérique étonnant, un fabuleux bestiaire où les animaux hybrides prennent une place importante. Nous entrons dans le monde des hippogriffes ceux de nos fantasmes intérieurs. Liba réinvente un monde animal proche de l’icône, au grand dan de Noé qui n’a pas fait monter ces animaux fantastiques dans son arche.        

Liba restitue à ses animaux fabuleux le visage que masquent les hommes !

 

Carrie Anne Baade :  

Tournons nos regards vers Carrie Anne Baade, professeur d’art plastique aux Etats-Unis d’Amérique et qui est allée perfectionner son art quelques temps vers l’Italie, sur les terres, pour ne pas dire sur les eaux de la Renaissance, si nous pensons à Venise.

Carrie développe elle aussi une immense sensibilité, presqu’une exaspération poétique d’un autre monde. Mais son chant vibratoire est bien différent de celui de Liba.

Subtilités poétiques et graphiques qui ne sont pas sans nous faire penser aux préraphaélites anglais ou italiens, tant par son incontestable technique, que l’esprit étrange qui en émane.

Chez Carrie l’univers se fractionne, se dédouble, ses personnages versent parfois des larmes de miel ou d’or sur la mort perdue dans un décor, minéral, végétal et floral. Ses princesses énigmatiques sont aussi fragiles que les papillons multicolores qui les habillent de robes allégoriques. Peut-être sont – elles aussi éphémères que ces lépidoptères qui n’existent pas même le temps d’une saison. L’univers de Liba est tout aussi fragile qu’éphémère. A cela que peut bien faire le « caducée » pour le préserver ? Bien peu de chose en fait car tout est voué à l’irrémédiable  action de la loi du temps. 

Nous devons observer l’univers de Carrie avec l’esprit et l’œil de la sagesse.

Le monde de Carrie est fractionné, la fuite du temps nous rappelle notre fragilité en prélude à la mort, mais les spires de l’éternité et les chrysalides annoncent le retour à la vie, au souffle vital, à la résurrection.    

L’expression graphique de Carrie est d’une excellente facture, le trait est harmonieux, la ligne souple, le délié précis, équilibré dans sa composition avec toujours cette part de mystères poétiques rattachée aux symboles initiaux.

Les déclinaisons colorées rehaussent la thématique de l’œuvre et complète d’une note supplémentaire l’imaginaire.   

Carrie est comme son «  Génie » elle reçoit les ondes cosmiques pour les distiller en fleurs  de sagesse sur le temple de la beauté ésotérique.

Chez Carrie, tout gravite autour des ténèbres pour mieux restituer et refléter la lumière.

 

Steve Kenny :

 Steven Kenny, se situe tout à fait dans la lignée de la grande tradition de la peinture classique anglaise, son travail est d’une grande perfection et touche même à la préciosité, imprégné d’un mystère discret et du halo d’une poésie étrange personnelle.   

Ses personnages et sujets pourraient très bien sortir d’une légende de Shakespeare.

La lumière ne se dépose pas sur l’œuvre de Steven, mais plus précisément sort de l’œuvre.

Sa technique picturale est d’une haute perfection, son métier côtoie des sommets.

Les choix de pigments, de glacis et de transparences anoblissent son travail d’esthète.

Mais à ce stade il me semble qu’il vaut mieux vous laisser admirer les œuvres, de vous en nourrir intérieurement.

Simplement je dirai que Steven est un passeur de lumière qui dépose sur ses toiles  de précieuses nuances crépusculaires qui nos invitent à nous plonger dans le mystère de ses créations.

C’est le cri contenu et léché d’un pinceau de soie, sur la fragilité d’une perle nacrée.

 

Gromyko Semper :

Gromyko Semper, est un artiste encore jeune qui nous rappelle l’intérêt du graphisme où chez lui le trait est d’une évidente qualité aux mille entrelacs, particulièrement alambiquée où chaque planche demande une analyse et réflexion. Nous sommes avec lui aux portes des maîtres des grandes heures graphiques où gravées du symbolisme.

Cette œuvre demanderait presque une description codée, un peu comme certaines gravures de

Albrecht  Dürer et autres émules.

Tant les messages et révélations y sont nombreux.

Nous retrouvons souvent les mêmes thèmes universels chez Gromyko qui chez ses confrères et consœurs, mais avec un travail d’une extrême multiplicité de signes codés, mystiques ou symboliques, traités par un dessin fouillé, minutieux et chargé d’images plus ou moins « kabbalistiques »   

Gromyko traite des mythologies et de légendes tout aussi bien occidentales, qu’orientales.

A bien y réfléchir, nous ne sommes pas très éloignés de la cellule de l’alchimiste !

Peut-être Gromyko lit-il dans le miroir à la lueur d’une bougie ? Peut-être rêve t-il de libérer l’homme entravé dans son corps et sa conscience ? Eternel et grand dilemme existentiel. Point de convergence entre le bien et le mal, le pur et l’impure, le vrai et le faux ! Le Ying & le Yang !

Peut-être Gromyko regarde t-il le ciel dans un reflet de lune ? Illusion !

Mais en regardant ce ciel irréel il replonge dans ses racines de la pointe de sa plume et part en quête d’une autre «  vérité. »

 

Michel Bénard.

Lauréat de l’Académie française

 

Publié dans galerie d'ART

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